L'équipe de France de patinage de vitesse longue piste, sous la direction de Timothy Loubineaud, s'entraîne intensivement à Inzell, en Allemagne, en ce mois de janvier 2026. Les athlètes, dont six sont qualifiés pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina du 6 au 22 février, profitent d'un cadre exceptionnel après des années de difficultés.
Un changement radical de conditions
Germain Deschamps, patineur breton de 23 ans, exprime son émerveillement face au chalet moderne qu'il partage avec ses coéquipiers en stage dans les Alpes bavaroises. « Pour d'autres, c'est normal, mais pour nous c'est du luxe », confie-t-il, évoquant le sauna, le jacuzzi et les chambres bien équipées qui contrastent fortement avec leur quotidien récent.
Les sacrifices des années passées
Il y a encore deux ou trois ans, la précarité était la norme pour ces athlètes. L'accès aux anneaux de vitesse, facturé environ 30 euros de l'heure à Inzell, Berlin ou Heerenveen aux Pays-Bas, représentait un coût prohibitif. Germain Deschamps devait débourser 1 600 euros par mois de ses propres fonds pour s'entraîner, un budget considérable pour un étudiant en sciences et techniques des activités physiques et sportives.
Des conditions de vie rudimentaires
Pour réduire les dépenses, les patineurs ont multiplié les solutions précaires :
- Colocations et locations Airbnb
- Séjours en hôtels bas de gamme
- Partage d'une caravane à Heerenveen
Germain Deschamps et son coéquipier Giovanni Trébouta ont même vécu dans une caravane installée dans le jardin de leur entraîneur aux Pays-Bas, affrontant des températures polaires durant les hivers frisons.
Une qualification olympique méritée
Malgré ces conditions difficiles, cinq hommes et une femme de l'équipe ont décroché leur qualification pour les Jeux de Milan-Cortina. Cette réussite souligne leur détermination et leur capacité à performer malgré les obstacles matériels et financiers.
Une nouvelle ère pour le patinage français
Le stage actuel à Inzell symbolise une transition vers un environnement plus professionnel et confortable. Les installations de pointe et l'hébergement de qualité permettent aux athlètes de se concentrer pleinement sur leur préparation olympique, sans les soucis logistiques et financiers du passé.
Cette évolution pourrait marquer un tournant pour le patinage de vitesse français, démontrant l'importance du soutien matériel dans la performance sportive de haut niveau. Les Bleus abordent ainsi les JO 2026 avec une sérénité nouvelle, forgée par des années de résilience face à l'adversité.