Le Stade Toulousain dans la tourmente : soupçons de contournement du salary cap
Le journal sportif L'Équipe a publié une enquête accablante lundi, mettant en lumière de sérieux soupçons de contournement du salary cap au sein du Stade Toulousain. L'affaire concerne spécifiquement des contrats de droits à l'image signés par deux joueurs emblématiques du club : Antoine Dupont, capitaine du XV de France, et Anthony Jelonch, troisième ligne international.
Des contrats d'image au cœur de la polémique
Selon les révélations du quotidien, ces deux joueurs auraient conclu des accords de droits à l'image sur plusieurs années avec 3S-Alyzia, une entreprise spécialisée dans les services aéroportuaires et sponsor officiel du Stade Toulousain. Le point crucial soulevé par l'enquête est que cette société n'aurait finalement jamais utilisé l'image des deux sportifs, malgré des versements financiers substantiels.
Antoine Dupont, élu meilleur joueur du monde en 2021, aurait ainsi perçu plus de 1,5 million d'euros via sa société AD 9 Conseils, avec des paiements estimés à 200 000 euros par saison. Anthony Jelonch aurait, quant à lui, touché 170 000 euros. Ces transactions interviennent dans un contexte particulièrement sensible, un an après l'affaire du transfert de Melvyn Jaminet qui avait déjà éclaboussé le club.
Un mécanisme suspect pour échapper aux règles
Le salary cap, ou plafond salarial, imposé aux clubs du Top 14 inclut non seulement les salaires directs mais aussi les prestations versées par les partenaires d'un club à ses joueurs. L'Équipe souligne que le recours à des paiements de droits à l'image plutôt qu'à des salaires classiques permettrait au club de réaliser des économies sur les cotisations Urssaf et aux joueurs d'optimiser leur fiscalité.
Le quotidien ajoute une autre dimension préoccupante : les sommes perçues par Antoine Dupont pour son rôle d'ambassadeur de Fiducial, autre sponsor majeur du Stade Toulousain, n'auraient pas été déclarées dans le calcul du salary cap. Cette omission potentielle aggrave les suspicions de pratiques délibérées visant à contourner les réglementations en vigueur.
Un club déjà sanctionné à plusieurs reprises
Le Stade Toulousain, club le plus titré du rugby français et actuel triple champion du Top 14, n'en est pas à sa première infraction présumée concernant le plafond salarial. Au printemps dernier, il avait dû verser une contribution financière de 1,3 million d'euros à la Ligue Nationale de Rugby (LNR) suite à une médiation liée au transfert de Melvyn Jaminet.
Plus récemment, en décembre, le club a écopé de deux points de pénalité pour la saison en cours après le passage de l'affaire devant le conseil de discipline du rugby français. Ces antécédents renforcent la gravité des nouvelles accusations portées par L'Équipe.
Contacté par le journal, le Stade Toulousain n'a pas réagi dans l'immédiat à ces révélations, laissant planer le doute sur une possible réponse officielle dans les prochains jours. Cette affaire pourrait avoir des conséquences significatives sur la réputation du club et sur l'équilibre compétitif du championnat de France.