L'UBB et Louis Bielle-Biarrey ont entamé les discussions pour une prolongation de contrat. Si les deux parties espèrent une issue favorable, les négociations s'annoncent serrées en raison du nouveau statut de l'ailier international.
Un contexte favorable mais contraint
Alors que Louis Bielle-Biarrey (22 ans, 27 sélections) s'apprête à entrer dans la dernière année de son contrat, qui court jusqu'en 2027, les dirigeants de l'UBB et les représentants de l'ailier se sont rencontrés la semaine dernière pour évoquer les contours d'une prolongation avant le 1er juillet. À partir de cette date, d'autres clubs pourront se positionner. Pour l'heure, la concurrence ne semble pas avoir la moindre chance. Laurent Marti et Yannick Bru, respectivement président et manager de l'UBB, tiennent à conserver le nouveau phénomène du rugby français. Louis Bielle-Biarrey souhaite quant à lui rester en Gironde, pour des raisons sportives et personnelles. Les planètes sont alignées.
Cependant, une variable vient compliquer l'équation : le salary cap. Ce règlement encadre les masses salariales à 10,7 millions d'euros, auxquels s'ajoutent des crédits de 180 000 euros par international figurant sur la liste Premium FFR-LNR. Pour l'UBB, ce plafond s'élève à 11,9 millions d'euros pour la saison en cours.
Une marge de manœuvre limitée
Sans surprise, l'UBB fait partie des dix clubs du Top 14 utilisant plus de 90 % de cette enveloppe. Selon le rapport annuel sur le salary cap pour la saison 2024-2025, le club girondin l'exploitait à 99,3 %. Cette réalité n'a pas changé cette année et constitue un frein pour répondre aux prétentions de Louis Bielle-Biarrey, élu meilleur joueur du Six-Nations en 2025 et 2026, et dont la dimension a changé depuis sa précédente prolongation en 2024.
Révélation de la Coupe du monde 2023 à l'époque, il avait accepté un contrat progressif, avec les meilleures conditions prévues pour la troisième année, soit la saison 2026-2027. Aujourd'hui, il ambitionne une revalorisation conforme à son statut.
Une première offre sur la table
La marge de manœuvre de l'UBB est étroite. Si l'on vantait il y a quelques saisons la jeunesse et le talent d'une ligne de trois-quarts au potentiel énorme, le moment où le club devrait proposer des revalorisations salariales à des éléments devenus cadres en équipe de France était inévitable. Il est arrivé. Matthieu Jalibert (2028), Yoram Moefana (2028), Nicolas Depoortere (2028), Romain Buros (2029), Damian Penaud (2028) et Maxime Lucu (2029) ont tous prolongé.
Laurent Marti n'avait pas perdu de vue que l'heure de Louis Bielle-Biarrey viendrait. Selon nos informations, il a esquissé une première offre la semaine dernière. Elle porterait sur quatre saisons, avec les deux premières conformes à la dernière année de son précédent contrat et un fort rattrapage sur les deux dernières, une fois que l'évolution de l'effectif offrira plus de latitudes.
L'effort est significatif. Très conscients des règles auxquelles son club doit faire face, Louis Bielle-Biarrey et ses conseillers n'y auraient pas encore répondu. Dans l'attente de leur réponse, on peut rappeler qu'ils espéraient initialement une revalorisation immédiate, sans lissage sur la durée du contrat.
Quelles solutions pour l'UBB ?
Quelles seraient les marges de manœuvre de l'UBB si cette première offre devait être repoussée ? Contraints de laisser partir Bastien Vergnes pour s'assurer l'arrivée de Tom Willis l'an prochain, les dirigeants n'envisagent pas de réduire un effectif comptant 34 à 35 contrats pros et une vingtaine de contrats espoirs. Impossible de composer avec moins lorsqu'on ambitionne de jouer sur les deux tableaux.
L'avenir incertain de Jean-Luc Du Preez rentre toutefois en ligne de compte. À l'arrêt depuis le 18 janvier, le numéro 8 international sud-africain suit un nouveau protocole après ses commotions. Son cas inquiète au sein du club girondin. Pourra-t-il poursuivre sa carrière ? Si la réponse devait être négative, cela pourrait libérer de la masse salariale.
Tout cela est incertain pour l'heure. Le club bordelais pourrait en revanche bénéficier d'un levier par le biais des crédits au salary cap. S'il ne comptait que cinq éléments dans la liste Premium cette année, ce chiffre pourrait monter à huit dans la prochaine liste en cours d'élaboration : l'UBB a été, avec Toulouse, l'un des principaux fournisseurs du XV de France lors du dernier Tournoi.
La qualification en finale de la Champions Cup, le 23 mai face au Leinster à Bilbao, laisse espérer une autre bouffée d'oxygène budgétaire. Les primes qu'un club s'engage à remettre, à condition qu'il soit champion d'Europe ou de France, ne sont pas prises en compte dans une limite de 500 000 euros. L'équation est complexe, mais l'optimisme prévaut, insiste un proche du dossier : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin. »



