Une expérimentation a démarré en Sud-Gironde pour développer le mentorat auprès de jeunes ruraux suivis par l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Ce programme pourrait déboucher sur la rédaction d'un guide à destination des acteurs publics.
Un partenariat avec Proxité
L'association Proxité, jusqu'ici concentrée sur la métropole bordelaise, lance un programme de mentorat en milieu rural en Gironde. L'objectif est de créer dix binômes avec des jeunes de 12 à 18 ans suivis par l'ASE d'ici la fin de l'année. Cette expérimentation, une première pour l'association en zone rurale, devrait durer trois ans.
Une déclinaison du programme national
Ce projet est une déclinaison du programme national "Un jeune, un mentor". Il vise à reproduire en zones rurales un système qui a fait ses preuves en milieu urbain. L'ambition est d'offrir un accompagnement personnalisé aux jeunes suivis grâce à une relation privilégiée avec un mentor, une personne active et implantée localement. Le mentor doit aider le jeune à réfléchir à son orientation et à son insertion professionnelle.
Créer un lien de confiance
Juliette Charles, cheffe du projet mentorat de Proxité, insiste sur la priorité de créer un lien entre le jeune et le mentor. "Le mentor est cette personne qui peut remobiliser le jeune, faire ressortir tout le positif en lui. Les jeunes parlent souvent de l'écoute de leur mentor, qui est à leur disposition. C'est très important de répondre à leurs besoins." Le mentor devient un "nouvel adulte dans la vie du jeune", hors cadre familial, scolaire ou du suivi social. Il s'engage à rencontrer son binôme dans un lieu neutre deux à quatre fois par mois, pour des rendez-vous d'une heure à une heure et demie. "Le but est aussi de sortir les jeunes du collectif de l'ASE."
Recrutement de mentors
Quatre femmes se sont déjà portées bénévoles à Langon : une infirmière, une aide-soignante, une bibliothécaire et une cadre. "On est ouverts à tous les profils", incite Juliette Charles, qui recherche de nouveaux mentors. Après un entretien avec chaque mentor et chaque jeune, elle essaiera de créer les binômes les plus compatibles possible "pour favoriser leur bon fonctionnement". "Les jeunes de l'ASE, c'est un peu quitte ou double. Soit ils vont parler, soit ils vont avoir peur d'être stigmatisés."
Un guide pour les territoires isolés
L'expérimentation devrait déboucher sur la rédaction d'un guide à destination des structures situées dans des zones isolées (communes, missions locales, intercommunalités...). Ce guide leur donnera les clés pour déployer un programme de mentorat. "Il y aura un retour d'expérience sur les difficultés que l'on aura eues à s'implanter", rapporte Juliette Charles. À Langon, l'Institut Don Bosco est la porte d'entrée de l'association. C'est auprès de cette structure que Proxité va créer les premiers binômes, "mais on est ouverts à d'autres partenariats".
Proxité a en parallèle lancé un autre programme de mentorat destiné à des jeunes en décrochage scolaire en Dordogne, et un troisième en Lot-et-Garonne devrait voir le jour. Pour participer, les personnes intéressées peuvent contacter Juliette Charles au 07 75 67 01 89 ou par courriel à j.charles@proxité.com.



