L'impact des canicules s'intensifie en France. L'été dernier, 409 personnes sont mortes par noyade, dont une vingtaine d'adolescents. Beaucoup d'entre eux se sont noyés fin juin, en pleine vague de chaleur précoce, dans des rivières ou des plans d'eau non surveillés.
Une surveillance renforcée dès le 1er mai
« Alors que l'été 2026 sera sans doute marqué par des épisodes de fortes chaleurs, il est crucial de souligner les risques accrus de baignade associés à ces conditions météorologiques », a déclaré Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, lors d'une conférence de presse. Pour « répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique » et tenir compte de ces « conditions météorologiques de plus en plus clémentes » qui rallongent la période propice aux baignades, l'agence a annoncé démarrer sa surveillance dès le 1er mai. Ses bilans des noyades seront aussi plus fréquents, publiés le 11 juillet, avant le 15 août et le 31 septembre.
Les noyades en hausse de 14 % entre 2024 et 2025
Du 1er juin au 30 septembre 2025, 1.418 noyades ont été enregistrées dans tout le pays, dont 409 mortelles. Au total, 57 enfants et adolescents en sont morts, dont 21 jeunes âgés de 13 à 17 ans, contre 10 en 2024, selon le bilan annuel de Santé publique France. Noyades et décès sont respectivement en hausse de 14 % et 16 % comparé à l'été 2024. Seule la proportion d'adultes victimes de noyades – principalement en mer – suivies de décès est restée globalement stable.
Une hausse liée à l'augmentation des températures
L'été 2025 se place au troisième rang des étés les plus chauds depuis 1900, derrière ceux de 2003 et 2022, selon Météo France, et le mois de juin a été le deuxième le plus chaud. En un peu moins de trois semaines, 355 noyades, dont 106 mortelles, ont été enregistrées, soit un bond de 135 % par rapport à la même période de 2024.
Les baignades sauvages plus mortelles
Près de six mineurs morts noyés sur dix s'étaient baignés dans un cours d'eau, rivière, fleuve ou un plan d'eau. Or, lors des baignades « sauvages en milieu naturel », « il y a du courant, des différences de profondeur, de température, plein de choses qui peuvent survenir et entraîner des noyades », a exposé Yann Le Strat. Et l'éloignement de ces lieux « retarde l'arrivée des secours ».
L'agence sanitaire a renouvelé ses conseils de prudence : ne pas consommer d'alcool, se renseigner sur les conditions météo, reporter sa baignade si l'on est fatigué, et se baigner dans des endroits aménagés et surveillés.



