Une première en France : une salle de tribunal a été inaugurée ce lundi 28 mai 2025 au sein de la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Cette initiative vise à améliorer la fluidité des procédures judiciaires impliquant des détenus, en réduisant les transferts et les contraintes sécuritaires.
Un projet novateur pour la justice
Cette salle d'audience, construite à l'intérieur de l'enceinte pénitentiaire, permet de tenir des audiences correctionnelles et de comparutions immédiates sans que les détenus aient à quitter la prison. Jusqu'à présent, les détenus devaient être extraits et transportés vers les tribunaux extérieurs, ce qui engendrait des coûts logistiques et des risques d'évasion.
Le projet a été porté par le ministère de la Justice, en collaboration avec l'administration pénitentiaire et les services judiciaires. Selon le garde des Sceaux, cette réalisation s'inscrit dans une démarche de modernisation de la justice et d'amélioration des conditions de travail des magistrats et des personnels pénitentiaires.
Un fonctionnement adapté
La salle est équipée de technologies de pointe : vidéosurveillance, système de sonorisation, et liaisons sécurisées avec le palais de justice. Les audiences sont présidées par un juge, assisté d'un greffier, et les avocats peuvent s'y rendre ou se connecter à distance. Les détenus sont amenés depuis leur unité de détention par un couloir sécurisé.
Les premiers retours sont positifs. Les magistrats soulignent un gain de temps significatif, tandis que les avocats y voient une amélioration de l'accès à la justice pour leurs clients incarcérés. Du côté des détenus, la réduction des déplacements et des attentes est perçue comme un progrès.
Un modèle amené à se développer ?
Cette expérimentation pourrait faire des émules. Le ministère de la Justice envisage d'étendre ce dispositif à d'autres établissements pénitentiaires, notamment ceux qui accueillent un grand nombre de détenus en attente de jugement. L'objectif est de désengorger les tribunaux et de réduire les délais de jugement.
Fleury-Mérogis, plus grande prison d'Europe avec près de 3 800 places, constitue un terrain d'essai idéal. Les résultats de cette première phase seront évalués dans les prochains mois avant une éventuelle généralisation.
Cette innovation marque une étape importante dans la modernisation de la justice française, en rapprochant l'institution judiciaire des lieux de détention.



