Au Pérou, la droite fujimoriste aux portes du pouvoir
Pérou : la droite fujimoriste proche du pouvoir

Au Pérou, la candidate de la droite fujimoriste, Keiko Fujimori, est en tête des intentions de vote pour le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 6 juin. Selon les derniers sondages, elle devance son adversaire de gauche, Pedro Castillo, d'environ cinq points. Cette avance ravive les craintes d'un retour à l'autoritarisme dans le pays, vingt ans après la chute du régime de son père, Alberto Fujimori.

Une campagne marquée par la polarisation

La campagne électorale s'est déroulée dans un climat de forte polarisation. Keiko Fujimori, qui a déjà été candidate à la présidentielle en 2011 et 2016, incarne une droite populiste et conservatrice. Elle promet de lutter contre la criminalité et de relancer l'économie, mais ses détracteurs la accusent de vouloir instaurer un régime autoritaire et de blanchir les crimes de son père. Pedro Castillo, syndicaliste enseignant et candidat de gauche, propose une réforme constitutionnelle et une nationalisation des ressources naturelles.

Les enjeux du scrutin

Cette élection est cruciale pour l'avenir du Pérou, pays minier en proie à une profonde crise politique et sociale. La pandémie de Covid-19 a aggravé les inégalités et la pauvreté. Les électeurs sont partagés entre la peur du retour du fujimorisme et celle d'une dérive autoritaire de gauche. La communauté internationale observe avec attention ce scrutin, qui pourrait avoir des répercussions sur l'équilibre politique en Amérique latine.

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  • Keiko Fujimori est la fille de l'ancien président Alberto Fujimori, emprisonné pour crimes contre l'humanité.
  • Pedro Castillo est soutenu par les syndicats et les mouvements indigènes.
  • Le second tour s'annonce serré, avec un taux d'abstention élevé attendu.

Les deux candidats ont récemment tenté de rassurer les marchés financiers, mais leurs programmes économiques divergent radicalement. Keiko Fujimori prône une politique libérale, tandis que Pedro Castillo défend un rôle accru de l'État dans l'économie. Les analystes estiment que quelle que soit l'issue du scrutin, le prochain président devra faire face à une société fragmentée et à des institutions fragiles.

Les risques d'un retour au fujimorisme

Un retour de la famille Fujimori au pouvoir suscite l'inquiétude des défenseurs des droits humains. Sous le régime d'Alberto Fujimori (1990-2000), le Pérou a connu des violations massives des droits de l'homme, notamment des exécutions extrajudiciaires et des stérilisations forcées. Keiko Fujimori a été mise en examen pour blanchiment d'argent dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, mais elle nie toute irrégularité. Ses détracteurs craignent qu'elle ne cherche à entraver la justice si elle est élue.

En conclusion, le second tour de l'élection présidentielle péruvienne oppose deux visions radicalement différentes du pays. Le choix des électeurs déterminera non seulement l'orientation politique du Pérou pour les cinq prochaines années, mais aussi son positionnement sur la scène régionale. Le monde retient son souffle alors que le Pérou s'apprête à voter.

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