Plainte pour harcèlement scolaire après le suicide de Camélia classée sans suite
Plainte pour harcèlement scolaire classée sans suite

Plainte pour harcèlement scolaire après le suicide de Camélia classée sans suite

La plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia, une lycéenne de 17 ans qui s'est suicidée en janvier, a été classée sans suite par le procureur de Meaux. Jean-Baptiste Bladier a annoncé cette décision lundi, estimant qu'il n'existait pas d'éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans ce décès tragique.

Une enquête approfondie menée sur 19 jours

L'élève de terminale, âgée de 17 ans, s'est donné la mort dans une gare de Mitry-Mory le 13 janvier. Le lendemain, deux enquêtes judiciaires avaient été ouvertes, dont l'une spécifiquement pour harcèlement scolaire ayant conduit au suicide, parallèlement à une enquête administrative ordonnée par les autorités.

L'investigation a mobilisé 12 enquêteurs pendant 19 jours, avec plus d'une soixantaine de personnes auditionnées. Le procureur a précisé que ni les témoignages recueillis, ni l'exploitation des données téléphoniques et numériques des protagonistes n'avaient permis d'étayer l'existence d'un harcèlement scolaire.

Une fausse conversation sur Snapchat à l'origine des tensions

Jean-Baptiste Bladier a révélé un élément clé de l'enquête : Camélia avait créé une fausse conversation sur l'application Snapchat en empruntant les identités de trois camarades – un garçon et deux filles – et en simulant des échanges entre eux.

La jeune femme a diffusé des captures d'écran de cette conversation fictive auprès d'élèves de son lycée, dans le but de distinguer ses vrais amis de ses faux amis. Cette initiative a déclenché une période de tension entre Camélia et certains élèves de sa classe, peu de temps avant le drame.

Absence de responsabilité pénale établie

Concernant la possible responsabilité des personnels de l'Éducation nationale, le procureur a souligné qu'aucun élément ne justifiait une mise en cause pénale. Il a notamment évoqué les accusations portées contre le proviseur du lycée, qui aurait eu une entrevue avec l'adolescente quelques heures avant son suicide, selon des propos rapportés par un oncle de la victime dans Le Parisien le mois dernier.

Le représentant du ministère public a insisté sur le fait que les investigations n'avaient pas permis de relier directement ces événements au décès de Camélia.

Une décision communiquée avec respect aux parents

Avant la conférence de presse de lundi midi, Jean-Baptiste Bladier a informé personnellement les parents de Camélia de sa décision de classement sans suite. Il a salué leur qualité d'écoute et leur grand calme, notant qu'ils avaient accueilli cette annonce avec une dignité remarquable, malgré la douleur de perdre leur fille quelques jours avant son 18e anniversaire.

Cette affaire soulève à nouveau des questions sur la prévention du harcèlement scolaire et les mécanismes de protection des élèves, même si, dans ce cas précis, la justice n'a pas retenu de responsabilité pénale.