Procès de Mathieu Farinella: l'accusé nie les viols sur ses compagnes dans le Var
Mathieu Farinella nie les viols sur ses ex-compagnes

La cour criminelle du Var juge depuis mercredi Mathieu Farinella, ancien champion de force athlétique, accusé de viols par conjoint sur personnes vulnérables, abus de faiblesse, violences conjugales et soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes. Les faits se sont déroulés entre 2012 et 2022 à Brue-Auriac et Saint-Maximin. Malgré des témoignages similaires de quatre victimes, le quadragénaire nie farouchement les accusations, affirmant être victime d’un « complot ».

Un « complot » selon l’accusé

Mathieu Farinella, barbe grise foisonnante et yeux bleus perçants, répond depuis mercredi devant la cour. Lorsque la présidente Emmanuelle de Rosa souligne que le témoignage d’Aurélie (prénom modifié), sa compagne entre 2012 et 2016, ressemble à celui d’Elodie, Amandine ou Valérie, il rétorque : « Tout ça fait surtout écho à un sacré délire. C’est un montage nécessaire pour assembler les faits. Ces perturbations rapportées sont dues aux pratiques spirituelles qui les ont dépassées. » Selon lui, la mère d’Elodie et le père d’Amandine seraient à l’origine de ce montage. « Il ne faut pas grand-chose pour orienter un dossier, soupire-t-il, invoquant l’absence d’éléments matériels. C’est plus facile quand on connaît un procureur… »

Un viol dans la basilique de Saint-Maximin

Le témoignage de Valérie, tard mercredi soir, a ébranlé la défense. Elle a connu Mathieu Farinella en 2016, au début de son virage ésotérique. Les violences psychologiques étaient déjà présentes : clés de voiture confisquées, dénigrements constants, idées suicidaires. Il y avait aussi des « vols d’énergie » qu’elle devait rembourser lors de rituels sexuels avec encens, bougies et croix autour du cou, y compris sous l’autel de la basilique de Saint-Maximin. Selon l’expert psychologue, Mathieu Farinella avait infantilisé Valérie. Avec Elodie et Amandine, il était question « d’asservissement ».

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« Réduite à un objet puis un déchet »

L’expert décrit Elodie comme voyant l’accusé « comme un maître tout-puissant, au point d’être réduite à un objet puis un déchet ». Amandine, elle, a quitté mari et enfant après une nuit au téléphone avec lui, le voyant comme son « sauveur ». Elle a ensuite subi violences et privations, et a été contrainte de brûler des photos de son fils, dormir dehors dans le froid ou rester plusieurs jours sans se laver. « Je n’ai jamais forcé quiconque à venir vivre avec moi, se défend l’accusé. Tout était assumé, discuté et établi dès le départ. Rien n’était imposé. » La cour rendra son verdict ce vendredi à l’issue des prises de paroles.

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