Au moins 300 décès supplémentaires par rapport à la normale ont été enregistrés fin mai dans 17 départements français lors de l'épisode de canicule qui a frappé le pays, selon un bilan provisoire de Santé publique France publié ce jeudi 30 juin.
Un excès de mortalité préoccupant
L'agence sanitaire a recensé 300 morts en excès entre le 29 mai et le 2 juin dans les départements placés en vigilance orange ou rouge pour canicule. Cette surmortalité concerne principalement les personnes âgées de 75 ans et plus, qui représentent 70% des décès supplémentaires. Les régions les plus touchées sont l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Selon Santé publique France, cet excès de mortalité est "significatif" mais reste inférieur à celui observé lors de la canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 morts. L'agence souligne que les mesures de prévention et d'alerte ont permis de limiter l'impact, mais que la vigilance reste de mise face aux épisodes de chaleur à venir.
Des disparités départementales
Les 17 départements concernés sont principalement situés dans le sud et le centre du pays. Parmi eux, le Gard, l'Hérault, le Vaucluse, la Drôme, l'Ardèche, la Haute-Loire, la Loire, le Rhône, l'Isère, la Savoie, la Haute-Savoie, l'Ain, le Jura, le Doubs, la Saône-et-Loire, l'Allier et le Puy-de-Dôme. Dans certains de ces territoires, l'excès de mortalité atteint jusqu'à 30% par rapport à la moyenne saisonnière.
Un porte-parole de Santé publique France a déclaré : "Ces chiffres sont alarmants mais ils nous permettent d'évaluer l'efficacité de nos dispositifs. Nous devons renforcer la protection des populations vulnérables face à la multiplication des épisodes caniculaires liés au changement climatique."
Un phénomène en augmentation
Cet épisode de chaleur précoce, survenu fin mai, est le plus précoce jamais enregistré en France depuis 1947. Les températures ont dépassé les 40°C dans plusieurs départements, battant des records mensuels. Les experts attribuent cette intensification des vagues de chaleur au réchauffement climatique, qui rend ces phénomènes plus fréquents et plus intenses.
Face à cette situation, les autorités sanitaires rappellent les gestes essentiels : s'hydrater régulièrement, éviter les sorties aux heures les plus chaudes, et maintenir les logements au frais. Les établissements accueillant des personnes âgées sont également en alerte pour adapter leurs protocoles.
Un appel à la vigilance
Le bilan définitif de cet épisode caniculaire sera publié dans les prochaines semaines par Santé publique France. En attendant, l'agence insiste sur la nécessité de ne pas relâcher les efforts de prévention, alors que l'été s'annonce chaud. "Chaque décès évitable est un échec", a souligné le porte-parole, appelant à une mobilisation collective pour protéger les plus fragiles.



