Licenciement de Guillaume Meurice : les prud'hommes en désaccord, l'affaire renvoyée
L'épilogue judiciaire du licenciement de l'ancien humoriste de France Inter Guillaume Meurice devra encore attendre. Les conseillers prud'hommes chargés d'examiner ce dossier n'ont pas réussi à s'accorder sur un jugement lors de l'audience du début décembre 2025. L'affaire sera donc tranchée par un juge départiteur lors d'une nouvelle audience dont la date reste à déterminer, a annoncé son avocat Me Hugues Dauchez à l'AFP ce lundi 9 février 2026.
Un licenciement contesté pour faute grave
Guillaume Meurice a été licencié par Radio France en 2024 pour faute grave après avoir qualifié à deux reprises le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de « nazi sans prépuce ». L'humoriste conteste fermement la légalité de ce licenciement et réclame à son ancien employeur la somme de 400.000 euros au titre de dommages et intérêts.
Radio France maintient quant à elle que l'humoriste a commis une faute grave et manqué à son devoir de loyauté en réitérant cette phrase polémique à l'antenne malgré un avertissement préalable. Cette affaire avait provoqué des turbulences importantes au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d'expression dans les médias.
Patience nécessaire devant les prud'hommes
Faute d'accord entre les quatre conseillers prud'hommes qui ont examiné le dossier, l'affaire est renvoyée devant un juge départiteur, un magistrat professionnel qui devra départager les voix. « Il faut être patient mais, devant les prud'hommes, il faut toujours être patient », a commenté Guillaume Meurice aux côtés de son avocat.
Selon une source judiciaire, le délai pour une nouvelle audience peut varier entre six mois et deux ans. L'humoriste, désormais présent sur Radio Nova, insiste sur l'enjeu fondamental de ce dossier : « Ma défaite devant les tribunaux signifierait qu'un humoriste pourrait être jugé pour une blague, pourrait être viré pour ce motif-là, pour une blague qui a déplu à la direction ».
Une blague au cœur de la polémique
L'origine de cette affaire remonte au début novembre 2023, lorsque Guillaume Meurice suggère dans un sketch sur Halloween un « déguisement » de Benyamin Netanyahou, « sorte de nazi mais sans prépuce ». Ces propos, tenus quelques semaines après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, provoquent immédiatement une tempête médiatique et des accusations d'antisémitisme.
L'humoriste est alors entendu par la police dans le cadre d'une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d'infraction suffisamment caractérisée. S'estimant blanchi par cette décision, Guillaume Meurice reprend l'expression à l'antenne en avril 2024, déclenchant une nouvelle et ultime tempête qui aboutira à son licenciement en juin 2024.
Un précédent pour la liberté d'expression
Le licenciement de Guillaume Meurice par la direction de Radio France est intervenu malgré l'opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter, qui redoutaient alors un précédent grave pour la liberté d'expression dans les médias. Cette affaire continue de cristalliser les tensions entre les impératifs éditoriaux des médias publics et les limites de l'humour dans le débat public.
Le jugement final, qui interviendra lors de la prochaine audience devant le juge départiteur, sera donc particulièrement attendu par l'ensemble du monde médiatique et du spectacle, car il pourrait établir une jurisprudence importante concernant les limites de la liberté d'expression pour les humoristes dans les médias audiovisuels.