Italie : un octogénaire suspecté d'avoir été un « tireur d'élite du week-end » à Sarajevo
Italie : un octogénaire suspecté de crimes de guerre à Sarajevo

Italie : un octogénaire suspecté d'avoir été un « tireur d'élite du week-end » à Sarajevo

Un homme âgé de 80 ans, soupçonné d'avoir fait partie des « tireurs d'élite du week-end » qui auraient payé pour tirer sur des civils lors du siège de Sarajevo au début des années 1990, a été interrogé lundi à Milan, selon la presse italienne. Giuseppe Vegnaduzzo est le premier suspect dans l'enquête ouverte par le parquet de Milan sur ces « touristes de guerre ».

Soupçons d'homicides volontaires et aggravés

L'octogénaire, ancien chauffeur routier vivant dans la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne, dans le nord-est de l'Italie, est soupçonné par le parquet de Milan d'« homicide volontaire continu et aggravé par des motifs abjects », selon l'agence de presse italienne Ansa. Son avocat, Giovanni Menegon, a déclaré à la sortie de l'interrogatoire : « Mon client a répondu à toutes les questions et a réaffirmé son innocence. » Sollicité à plusieurs reprises, le parquet de Milan n'a pas donné suite aux demandes de commentaires.

Des « safaris » macabres organisés pendant la guerre de Bosnie

Le parquet de Milan a ouvert en octobre une enquête portant sur ces voyages, dont de nombreux Italiens, pour la plupart des sympathisants d'extrême droite passionnés d'armes et fortunés, se seraient rendus durant la guerre de Bosnie sur les collines entourant Sarajevo pour, moyennant finance, tirer sur des civils. Pour pouvoir participer à ces « safaris » macabres, ils payaient jusqu'à l'équivalent de 100 000 euros par jour à l'armée des Serbes de Bosnie, indique le quotidien Il Giornale, qui avait révélé le premier, en juillet, l'ouverture de cette enquête italienne.

Un suspect nostalgique du fascisme et passionné de chasse

L'homme interrogé lundi à Milan, présenté par la presse italienne comme passionné de chasse, détenteur de plusieurs armes à feu et nostalgique du fascisme, se serait vanté en public d'être allé en Bosnie « faire la chasse à l'homme ». Ce sont notamment des témoignages d'habitants de son village qui auraient permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à lui. « D'après les témoignages recueillis, il racontait à ses amis du bar du coin ce qu'il avait fait pendant la guerre dans les Balkans », a raconté à l'AFP la journaliste indépendante Marianna Maiorino, qui a enquêté sur ces présumés « snipers du week-end » et a elle-même été interrogée dans le cadre de l'enquête italienne.

C'est « un homme décrit comme un tireur d'élite, quelqu'un qui prenait plaisir à aller à Sarajevo pour tuer des gens », a-t-elle précisé. Ces révélations soulignent l'horreur de ces crimes de guerre et la complexité de l'enquête en cours, qui pourrait impliquer d'autres suspects dans les mois à venir.