Il était chargé de la vitrine de la gastronomie française au sein du ministère des Affaires étrangères, mais ses actions ont terni l'image de la diplomatie nationale. Thierry Bouron, l'ancien intendant général du Quai d'Orsay, a été reconnu coupable de corruption et de favoritisme en lien avec les marchés publics de traiteurs du ministère.
Une condamnation sévère pour des faits graves
Lundi, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Thierry Bouron, âgé de 67 ans, à quatre ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Cette affaire, qui n'avait pas encore été rendue publique, est particulièrement embarrassante pour la diplomatie française, car elle implique un haut responsable chargé du rayonnement international de la France.
Les détails de l'affaire
Thierry Bouron a été reconnu coupable d'avoir favorisé la société Lenôtre, une filiale du groupe Sodexo, dans l'attribution des marchés de traiteurs du ministère en 2011 et 2015. En échange, il a reçu des avantages, notamment des invitations dans des restaurants luxueux. Le tribunal a souligné l'extrême gravité des faits, commis par un responsable de la représentation française à l'étranger, ainsi qu'une désinvolture très forte à l'égard des atteintes à la probité durant l'enquête.
En plus de sa peine de prison, Thierry Bouron a été condamné à une amende de 50 000 euros. Il avait démissionné du ministère à l'automne 2021 suite à l'ouverture d'une procédure disciplinaire, après avoir été chargé de l'organisation des réceptions du Quai d'Orsay pendant de nombreuses années.
Les complices également condamnés
Deux anciens salariés de Sodexo, un responsable grands comptes et son successeur, ont été déclarés coupables d'avoir corrompu l'intendant général. Ils ont été condamnés à deux ans d'emprisonnement avec sursis et huit mois avec sursis, respectivement. Cette affaire met en lumière les pratiques douteuses dans l'attribution de marchés publics au plus haut niveau de l'État.
Cette condamnation intervient dans un contexte où la transparence et l'intégrité dans la gestion des fonds publics sont de plus en plus scrutées. Elle soulève des questions sur les mécanismes de contrôle au sein des ministères et sur la nécessité de renforcer les mesures anti-corruption pour préserver la réputation de la France à l'international.