Quatre Algériens sous OQTF condamnés à Dax après une rixe violente
Quatre ressortissants algériens, menacés d'expulsion et en transit à Dax, ont été interpellés lors d'une rixe, jeudi 26 mars 2026. Ils ont été condamnés pour des outrages et des menaces de mort sur des policiers et un commerçant. Que faisaient ces quatre individus, sous le régime d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) à Dax, ce jeudi 26 mars 2026, avant leur interpellation dans le cadre d'une rixe, vers 21 heures, avenue Saint-Vincent-de-Paul ?
Une interpellation mouvementée et des accusations graves
Nés entre 2002 et 2008, placés en détention à Mont-de-Marsan après quarante-huit heures de garde à vue, ils étaient jugés lundi 30 mars par le tribunal de Dax, assistés d'une interprète. Ils devaient répondre d'outrages et de menaces de mort sur les policiers venus les interpeller. L'un d'entre eux était également prévenu de dégradations dans sa cellule de garde à vue.
Les quatre hommes vivaient en situation irrégulière sur le territoire français depuis plusieurs années. Il semble que les relations diplomatiques entre la France et l'Algérie n'avaient pas permis leur expulsion jusqu'à ce jour. Un mineur, rencontré dans le train dont ils sont descendus à la gare de Dax, et deux personnes ayant participé à la rixe, non identifiées par les enquêteurs, n'étaient pas présents à l'audience.
Le récit des faits : « Nous avions trop bu »
Le 26 mars, devant un commerce de l'avenue Saint-Vincent-de-Paul, une rixe conduit à l'interpellation de deux des quatre prévenus. Puis les policiers reviennent pour interpeller les deux autres, suite à un nouvel appel du commerçant.
L'un des prévenus, visage encore tuméfié, donne sa version des faits : « Nous avions trop bu, je ne savais pas qu'on allait causer tant de problèmes. Quand je suis ressorti du magasin où j'ai acheté de l'alcool, mon ami était par terre, avec du sang sur le visage. Les policiers étaient là, je ne savais pas ce qui s'était passé, on était choqué et on n'a rien compris. »
Celui qui est par terre, c'est Bouziane, qui vient de sortir de prison : « Quand je suis sorti du magasin, deux individus m'ont tapé dessus, et ils sont partis en voiture. » Ils reconnaissent des propos extrêmement violents tenus au gérant de l'épicerie, parce qu'il filmait la scène et avait appelé la police.
Un parcours chaotique et des difficultés diplomatiques
Quel est leur parcours avant ce terminus en gare de Dax ? « On était à Genève, pour faire une demande d'asile qui a été refusée, on allait partir en Espagne, via Bordeaux, et on est descendu du train à Dax. » Sans billets. Les contrôleurs les ont alors fait descendre avant Irún, leur destination initiale.
Le vice-procureur s'étonne : « Depuis 2020, à chaque fois qu'on a essayé de vous faire quitter le territoire, vous avez refusé. Qu'avez-vous fait en France pendant six ans ? » L'un dit travailler sur des marchés, mais son casier judiciaire compte 11 mentions. « Vous êtes sûr que vous ne faites que travailler ? » La réponse est plutôt triste : « J'ai fui le pays pour trouver une situation meilleure, et depuis mes 18 ans, j'ai passé beaucoup de temps en prison. »
Le vice-procureur poursuit : « On ne peut que s'inquiéter vivement que circulent des bandes de jeunes gens sans aucun but ni projet, en toute illégalité, qui boivent de l'alcool et se droguent. Ils sont mobiles, violents, défiant l'autorité, et les difficultés diplomatiques avec l'Algérie, qui refuse de les reprendre, n'aident pas. »
Verdict et conséquences judiciaires
Les avocats plaident l'effet de groupe : « Une altercation, des insultes, ils sont présents au mauvais endroit et au mauvais moment. » Jugés coupables de l'ensemble des faits reprochés, ils ont été condamnés à des peines différentes, prenant en compte leurs antécédents judiciaires, leurs comportements et les infractions reprochées : de trois mois à dix-huit mois de prison avec maintien en détention.
Le tribunal a également prononcé à l'encontre des quatre prévenus une interdiction définitive d'être présents sur le territoire français, qui prendra effet après avoir purgé leur peine. Cette décision souligne la gravité des actes commis et les enjeux liés à l'immigration irrégulière et aux défis diplomatiques.



