Villeneuve-Loubet : le maire dénonce un « racket » de l'État sur le logement et le littoral
Villeneuve-Loubet : le maire crie au « racket » de l'État

La séance du conseil municipal de Villeneuve-Loubet du 30 juin 2026 aurait pu être une simple formalité avant la trêve estivale. Elle s'est pourtant transformée en véritable réquisitoire contre l'État. Au cœur des débats : la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains, adoptée en décembre 2000) et le recul du trait de côte, deux dossiers où la Ville s'estime injustement sanctionnée par la préfecture.

Logement social : un objectif « inatteignable »

Le premier point de friction concerne le logement social. La commune a reçu une mise en demeure de la préfecture pour ne pas avoir atteint ses objectifs triennaux sur la période 2023-2025. L'État exigeait la construction de 487 logements locatifs sociaux, un chiffre jugé inatteignable par la municipalité, qui rappelle que « l'acte de bâtir dépend des promoteurs privés, et que la crise immobilière a fait chuter la construction nationale à 100 000 logements par an ».

« Je n'ai jamais vu une telle forfaiture et je m'étonne que mes collègues ne réagissent pas davantage », s'est indigné Lionnel Luca, maire de Villeneuve-Loubet, fustigeant « une administration qui ignore la crise ». Face à la menace d'une majoration des pénalités pouvant quintupler, l'édile dénonce un système punitif. « C'est un racket de l'État. Nous payons déjà 500 000 euros tout simplement parce que nous n'atteignons pas les 25 % de logements sociaux », a ajouté le maire.

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Littoral : « Du jour au lendemain, on te donne trois mois pour dégager »

Le second front ouvert contre l'État se situe sur le littoral, au niveau de Marina-Baie-des-Anges. Face à l'érosion côtière, l'État a acté une modification de son domaine public maritime, englobant désormais les terrains de certains commerces de plage. Cette décision a été prise malgré l'avis défavorable voté par le conseil municipal fin mai. Les restaurateurs concernés ont reçu un courrier exigeant leur départ rapide.

« Du jour au lendemain, on te donne trois mois pour dire tu n'es plus sur le terrain d'avant, tu es sur le terrain désormais de l'État et l'État te dit “Tu dégages”. […] J'ai des dettes, je dois rembourser, tout ça, ça n'existe pas », s'est alarmé Lionnel Luca. Le maire n'a pas mâché ses mots pour critiquer « le fatalisme étatique face au recul du trait de côte », plaidant pour le droit « de mener des expérimentations de protection ».

Lionnel Luca a lancé : « Je pèse mes mots, il y a un vichysme des services de l'État sous couvert d'écologie, d'environnement. La fatalité, on ne peut rien y faire. »

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