Une révolution silencieuse se prépare dans les aéroports. Alors que les files d'attente aux contrôles de sécurité s'allongent chaque année, une technologie de scan tridimensionnel promet de réduire considérablement les délais. Déjà expérimentée dans plusieurs aéroports européens, dont Londres Heathrow et Amsterdam Schiphol, elle permet aux passagers de conserver leurs liquides et appareils électroniques dans leur bagage à cabine.
Un gain de temps significatif
Selon une étude de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), le temps de passage aux contrôles pourrait être réduit de 30 à 50 % grâce à cette innovation. Actuellement, les passagers doivent sortir ordinateurs, tablettes et flacons de liquides de leur valise, ce qui ralentit le processus. Avec le scan 3D, les agents de sécurité visualisent le contenu du bagage sous tous les angles, éliminant le besoin de fouilles manuelles dans la plupart des cas.
Le système, développé par la société américaine Analogic, utilise la tomographie informatisée, similaire à celle des scanners médicaux. Il génère une image en haute résolution qui permet de détecter automatiquement les objets suspects, y compris les explosifs liquides. Les premiers tests montrent un taux de détection supérieur à 95 %, contre 80 % pour les scanners traditionnels.
Un déploiement progressif
La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) française a annoncé le déploiement de ces scanners dans les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Orly d'ici 2025. L'investissement est conséquent : chaque unité coûte environ 200 000 euros, contre 50 000 euros pour un scanner standard. Cependant, le gain de productivité est estimé à 40 % en termes de personnel nécessaire.
Les compagnies aériennes, comme Air France, saluent cette avancée. « Cela améliorera l'expérience passager et réduira les retards », a déclaré un porte-parole. Les voyageurs, eux, pourront dire adieu à la corvée des sachets plastiques et des files d'attente interminables.
Des défis réglementaires et logistiques
Malgré ces promesses, des obstacles subsistent. La réglementation européenne impose des normes strictes pour les équipements de sécurité. Les scanners 3D doivent obtenir une certification de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Par ailleurs, leur taille imposante nécessite des travaux d'infrastructure dans les aéroports.
Certains experts s'inquiètent également des risques pour la vie privée, car les images générées sont très détaillées. « Il faut garantir que ces données ne soient pas utilisées à d'autres fins », souligne un rapport de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).
En attendant, les voyageurs peuvent espérer des contrôles plus fluides dès l'année prochaine. Une lueur d'espoir dans le parcours parfois chaotique du passager aérien.



