Suicide d'Evaëlle, 11 ans : 18 mois de prison avec sursis requis contre l'enseignante en appel
Suicide d'Evaëlle : 18 mois requis contre l'enseignante en appel

Suicide d'Evaëlle, 11 ans : 18 mois de prison avec sursis requis contre l'enseignante en appel

Ce lundi 9 février, le ministère public a requis 18 mois de prison avec sursis contre l'enseignante de 63 ans accusée d'avoir harcelé Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui s'est suicidée en 2019 à Herblay. Cette demande intervient lors du procès en appel, après que la professeure de français avait bénéficié d'une relaxe en première instance par le tribunal correctionnel de Pontoise en avril 2025.

Une relaxe controversée en première instance

En avril 2025, le tribunal de Pontoise avait relaxé l'enseignante, estimant que les éléments retenus contre elle étaient "discordants, indirects, peu précis" ou relevaient simplement de "comportements appropriés et légitimes pour l'exercice de l'autorité d'un enseignant en classe". Les parents d'Evaëlle, en pleurs, avaient exprimé leur incompréhension face à cette décision, se disant révoltés par l'issue du premier procès.

L'enseignante, qui avait nié tout au long de l'audience avoir harcelé la collégienne, s'était déclarée soulagée que "la vérité éclate enfin". Cependant, le parquet a rapidement fait appel de cette relaxe, conduisant à la tenue d'un nouveau procès.

Les accusations de harcèlement réexaminées

Lors de l'audience en appel, l'avocate générale, Soisic Iroz, a déclaré que l'enseignante "a franchi la ligne rouge, humiliant, rabaissant et stigmatisant, pas tous les élèves mais certains élèves qui sont choisis avec soin". Elle a rappelé la dégradation des conditions de vie d'Evaëlle au sein du collège, où la jeune fille était harcelée à la fois par des camarades et par sa professeure de français.

Le procès met en lumière les circonstances tragiques du suicide d'Evaëlle, qui s'est pendue dans sa chambre du pavillon familial à Herblay en juin 2019. Six mois plus tôt, l'adolescente avait déjà tenté de mettre le feu à une poutre de la maison après une rupture amicale, signalant des signes de détresse profonde.

Un cas emblématique du harcèlement scolaire

Cette affaire soulève des questions cruciales sur le harcèlement en milieu scolaire et la responsabilité des enseignants. Les éléments du dossier suggèrent que le comportement de la professeure aurait contribué à l'isolement et à la souffrance d'Evaëlle, aggravant une situation déjà précaire due au harcèlement par ses pairs.

Le requisitoire de 18 mois de prison avec sursis reflète la gravité des accusations portées contre l'enseignante, qui pourrait faire face à des conséquences pénales significatives si la cour d'appel suit les recommandations du parquet. La décision finale est attendue avec impatience par les parties prenantes, notamment la famille de la victime qui cherche justice depuis des années.

Ce procès en appel intervient dans un contexte plus large de sensibilisation croissante aux problématiques de harcèlement scolaire, mettant en évidence la nécessité de mesures préventives et de sanctions appropriées pour protéger les élèves vulnérables.