Plage privée de l'Aiguille à Théoule-sur-Mer : fermeture et procédure
Plage privée de l'Aiguille à Théoule : fermeture et procédure

La plage privée de l'Aiguille, à Théoule-sur-Mer, reste désespérément fermée en ce début d'été. Alors que la Ville de Théoule et les exploitants de l'Aiguille Beach club sont en procédure, cet établissement phare est actuellement sans matelas ni transats sur le sable.

Des exploitants prêts à rouvrir mais bloqués

« Nous, on est prêt à rouvrir, mais malheureusement, c’est impossible en l’état », clame Thierry de Conti, qui exploite la plage privée de l’Aiguille avec son associé Olivier Boissy. Dans l’écrin paradisiaque de la Pointe de l’Aiguille, l’établissement balnéaire semble un radeau échoué, au personnel absent. Devant les rideaux baissés, le sable a repris ses droits en lieu et place des matelas et transats sous voiles d’ombrage.

Une procédure entre la SAS L’envie (qui a racheté la sous-concession en 2023) et la Ville perdure et empêche l’adresse huppée d’accueillir soirées festives et anniversaires pieds dans l’eau cette saison.

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Une structure mal conçue qui vieillit mal

Selon Thierry de Conti et Olivier Boissy, « l’Aiguille Beach club » s’est avérée une belle aux pieds d’argile. Une affaire « qui pue », au propre comme au figuré. « La structure a été bâtie sur des sortes de palettes qui s’affaissent au fil des ans et font, sans doute, péter les canalisations, pointe Thierry de Conti en se bouchant le nez. Au lieu de s’évacuer vers la station, les eaux de lavage passent directement dans le sable. » Odeurs de refoulement, humidité et infiltrations nuiraient à l’hygiène.

D’où l’action engagée en référé, devant le tribunal administratif de Nice. Les associés de la SAS L’envie estiment que c’est à la Ville d’effectuer des travaux de réparation, voire de reconstruction. Un expert mandaté par la justice s’est rendu sur place le 7 mai. Il a constaté que les siphons de sols étaient en mauvais état (avec présence de sable) en cuisine, dans l’espace bar ou à la laverie, avec un doute sur « la vacuité du réseau d’évacuation des eaux usées ».

L’expert judiciaire préconise une nouvelle étude technique

Il est donc préconisé de réaliser une investigation technique plus poussée par une entreprise spécialisée, « avec caméras endoscopiques, test d’évacuation avec eau chaude et caméra thermique ». En attendant, c’est le statu quo face à la Grande Bleue.

« Si on doit faire des travaux, on les fera, on a toujours tout fait pour que les exploitants travaillent au mieux », a précédemment indiqué le maire, Georges Botella, qui n’envisageait pas de fermeture définitive, « quitte à reprendre un jour la plage en régie ». Dans un nouveau communiqué, la Ville indique « qu’elle a toujours agi dans le strict respect de la légalité, et veillé à préserver l’intérêt général, la protection du site naturel et la continuité du service public… La commune reste mobilisée pour garantir une exploitation conforme, durable et respectueuse de ce site exceptionnel », tout en réaffirmant « sa confiance dans la justice administrative, pour permettre une clarification objective de la situation ».

Des pertes économiques pour les exploitants

Pour Thierry de Conti, « à chaque jour qui passe, le compteur tourne, et notre manque à gagner s’accroît. Sans compter notre perte d’image et les vingt saisonniers qui passent à la trappe ». L’intéressé (dont la sous-concession court théoriquement jusqu’en 2027) réclame des dommages et intérêts considérables s’il obtient gain de cause.

La procédure en cours ne semble faire les affaires ni des uns ni des autres. À la perte d’exploitation de la SAS L’envie répond l’absence de redevance (en fonction du chiffre d’affaires) perçue par la Ville.

Les baigneurs plutôt satisfaits de la fermeture

En revanche, la fermeture du restaurant select (100 m² + 300 m² d’extension en temps normal) ne chagrine pas vraiment les baigneurs. « On retrouve la plage dans sa beauté originelle, et il y a plus de place pour installer nos serviettes, se réjouissent Brigitte et Jean-Claude, retraités. Et puis nous, on ne vient pas dans ce genre d’endroit pour payer un transat ! »

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« De toute façon, on ne consommait pas là, car c’est trop cher et les transats coupaient la plage en deux », confesse Emmanuelle. Les autres établissements de la Promenade Pradayrol ne semblent pas affectés : le patron de La cabane du pêcheur n’a « rien à dire sur la concurrence », tandis que Nino estime que cela ne change rien pour sa pizzeria, « car on n’avait pas la même clientèle ». Au Lou Gabian, on note que « cette fermeture, c’est surtout con pour eux comme pour la Ville, car ça attirait des gens plus aisés qui ne viennent pas forcément chez nous ».