Marine Le Pen, condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont deux ferme pour détournement de fonds dans l'affaire des assistants fictifs du Rassemblement National (RN), a estimé lundi 1er juillet qu'il était « impossible » de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 avec un bracelet électronique. Cette déclaration intervient alors que la candidate du RN à la présidentielle de 2022 et 2017 risque une peine d'inéligibilité immédiate, requise par le parquet.
Une condamnation lourde de conséquences
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics. La peine prononcée comprend deux ans de prison ferme, aménageables sous bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 100 000 euros. Le parquet avait requis cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui aurait immédiatement empêché Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle. Le tribunal a toutefois réservé sa décision sur l'inéligibilité, laissant planer le doute sur l'avenir politique de la dirigeante du RN.
« Je ne pourrais pas faire campagne »
Interrogée sur France Inter, Marine Le Pen a déclaré : « Si je suis sous bracelet électronique, je ne pourrais pas me déplacer librement pour faire campagne, rencontrer les Français, tenir des meetings. C'est impossible. » Elle a également souligné que « la présidentielle est un marathon, pas un sprint » et que « les contraintes d'un bracelet électronique rendraient toute candidature illusoire ». Selon elle, cette situation serait « une atteinte à la démocratie » car elle priverait les électeurs d'un choix.
Les réactions politiques
Cette sortie médiatique a suscité des réactions contrastées. Le député LFI Antoine Léaument a estimé que « les juges ont parlé, et la loi doit s'appliquer à tous, y compris à Marine Le Pen ». De son côté, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a rappelé que « la justice est indépendante » et que « nul n'est au-dessus des lois ». Au sein du RN, plusieurs cadres ont exprimé leur soutien à leur présidente, dénonçant une « persécution judiciaire ».
Les recours possibles
Marine Le Pen a annoncé son intention de faire appel de la condamnation. En attendant, elle reste éligible tant que la peine d'inéligibilité n'est pas prononcée ou exécutée. Ses avocats plaideront pour éviter l'exécution provisoire, ce qui lui permettrait de se présenter à la présidentielle de 2027 en cas de confirmation en appel. Toutefois, si la cour d'appel confirmait la peine d'inéligibilité, Marine Le Pen serait définitivement exclue de la course.
L'impact sur le RN
Cette affaire fragilise le RN à un an de la présidentielle. Marine Le Pen, qui a déjà été candidate à deux reprises, reste la figure centrale du parti. Son éventuelle absence pourrait ouvrir une crise de succession. Jordan Bardella, actuel président du RN, est souvent cité comme successeur potentiel, mais il n'a pas encore l'envergure de Marine Le Pen. Les sondages montrent que sans elle, le RN perdrait plusieurs points de pourcentage.
Un précédent judiciaire
Le cas de Marine Le Pen n'est pas isolé. Plusieurs responsables politiques ont été condamnés à des peines similaires. En 2023, l'ancien député LR Patrick Balkany avait été placé sous bracelet électronique après sa condamnation pour fraude fiscale. Toutefois, il n'était pas candidat à une élection nationale. La situation de Marine Le Pen est inédite car elle concerne une candidate potentielle à la présidentielle.
Les conséquences pour la démocratie
Au-delà du cas personnel, cette affaire soulève des questions sur la compatibilité des peines alternatives à l'incarcération avec l'exercice de mandats électifs. Des juristes estiment que le bracelet électronique n'empêche pas de se présenter, mais limite les déplacements. Marine Le Pen pourrait théoriquement faire campagne depuis son domicile, mais elle estime que cela serait « impossible » compte tenu des exigences de la fonction.



