La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020), entrée en vigueur en janvier 2022, impose des contraintes strictes sur l'installation de climatiseurs dans les logements neufs. Selon un article du Point, cette réglementation « diabolique » freine le recours à la climatisation, alors que les canicules se multiplient en France. Les constructeurs et promoteurs immobiliers dénoncent une complexité technique qui rend difficile l'installation de systèmes de refroidissement, même en option.
Des exigences techniques contraignantes
La RE2020 vise à réduire l'impact carbone des bâtiments et à améliorer leur performance énergétique. Pour les logements neufs, elle impose un calcul de l'impact environnemental sur l'ensemble du cycle de vie, y compris la climatisation. Concrètement, l'installation d'un climatiseur fait augmenter le coefficient d'impact sur le réchauffement climatique, ce qui peut rendre le projet non conforme. Les professionnels du bâtiment estiment que cette règle pénalise le confort des occupants, surtout en été. Selon un promoteur interrogé par Le Point, « la RE2020 est devenue un véritable casse-tête pour intégrer la climatisation, même dans les zones les plus chaudes ».
Un frein face aux canicules
Avec l'augmentation des épisodes de canicule, la demande de climatisation dans les logements neufs explose. Pourtant, la RE2020 encourage plutôt des solutions passives comme l'isolation renforcée, les brise-soleil ou la ventilation naturelle. Mais ces mesures ne suffisent pas toujours, notamment dans les régions méditerranéennes. Un rapport du Conseil supérieur de la construction (CSC) indique que 70 % des logements neufs construits en 2023 dans le sud de la France sont équipés de climatiseurs, malgré les difficultés réglementaires. Les professionnels réclament une évolution des textes pour permettre l'installation de systèmes plus performants sans pénaliser le bilan carbone.
Des solutions alternatives en développement
Face à ces contraintes, des innovations émergent, comme des climatiseurs utilisant des fluides frigorigènes à faible potentiel de réchauffement global (PRG) ou des pompes à chaleur réversibles. Le gouvernement prévoit une révision de la RE2020 en 2025 pour intégrer les retours d'expérience. En attendant, les constructeurs doivent jongler entre respect de la réglementation et satisfaction des clients. Un spécialiste en génie climatique cité par Le Point souligne : « Il est possible de concilier performance énergétique et confort, mais cela nécessite une ingénierie plus poussée et des coûts supplémentaires. »



