Une nouvelle procédure judiciaire relance l'angoisse des époux Jamois
À Perpignan, dans le quartier du Vernet, la sérénité des époux Jamois est à nouveau menacée. Annick, 87 ans, et Yves, 86 ans, tous deux malades, ont reçu une notification de leur fille adoptive Valérie, installée au Mans (Sarthe). Cette dernière a engagé une procédure contre le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, devant le tribunal administratif de Montpellier, lui reprochant un défaut de l'État. Valérie souhaite vendre la maison où vivent ses parents adoptifs.
Le préfet avait refusé l'expulsion pour des raisons humanitaires
En septembre dernier, le préfet avait refusé le concours de la force publique pour exécuter le jugement de la cour d'appel de Montpellier, qui avait ordonné l'expulsion en avril 2025. Il avait justifié sa décision par des considérations humanitaires, se mettant volontairement en situation d'illégalité, contrairement à son prédécesseur qui avait soutenu l'exécution.
Un couple âgé et malade qui craint le pire
Depuis cette nouvelle procédure, l'inquiétude a envahi le couple. "Ils redoutent que les policiers arrivent un matin pour les jeter dehors", confie Dominique Chanteau, également fils adoptif des époux Jamois, qui les soutient dans cette épreuve. Les Jamois ont élevé 29 enfants confiés par les services sociaux. Annick, atteinte de la maladie de Paget (une croissance osseuse incontrôlée), est alitée depuis trois ans. Yves souffre de multiples pathologies. "Nous souhaitons simplement finir notre vie ici, paisiblement, sans être jetés à la rue", implore Yves, les larmes aux yeux.
Une donation déguisée au cœur du litige
L'avocat du couple, Me Jean Codognès, prévoit une issue judiciaire devant le tribunal civil. Il entend contester l'acte de donation entre les époux Jamois et leur fille adoptive. "Valérie est devenue propriétaire de cette maison dans des conditions très particulières, mais ce sont les époux Jamois qui ont payé toutes les échéances. Il s'agit d'une donation déguisée", argue Me Codognès. Il plaidera le 18 juin prochain, en s'appuyant sur des jurisprudences et en mettant en avant la notion d'ingratitude, omniprésente dans ce dossier.
Un comportement jugé ingrat de la part de la fille adoptive
L'avocat souligne le comportement de Valérie, qui agit sans égard pour ceux qui l'ont élevée. Lors de l'audience en appel, l'avocate des Jamois était absente, ce qui a empêché les juges de mesurer pleinement la dimension humaine de l'affaire. Le préfet Pierre Régnault de la Mothe a indiqué qu'il présenterait ses arguments devant le tribunal administratif. L'avocate de Valérie n'a pas souhaité commenter. Les explications de sa cliente devant le juge sont très attendues.



