Le Soulor 1925, fabricant artisanal de chaussures en cuir faites à la main, a ouvert fin avril une quatrième boutique à Bordeaux, en Gironde. Cette nouvelle étape marque le développement de cette maison née au pied des Pyrénées, à Pontacq, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Un héritage centenaire
Fondé en 1925 par la famille Paradis, l'atelier fabriquait alors des chaussures destinées aux soldats. Restée dans la famille pendant trois générations, l'entreprise est reprise en 2016 par un Basque et un Béarnais. À cette époque, il ne reste plus qu'un seul artisan. Le duo relance l'activité et transfère l'atelier à Nay en 2021 pour gagner en espace.
La marque tire son nom du col du Soulor, dans les Hautes-Pyrénées. Ses premières bottes en cuir, les brodequins cloutés, équipaient les travailleurs de la montagne, bergers et éleveurs. « L'histoire du Soulor est très ancrée chez nous, elle a complètement irrigué l'entreprise. On recherche la durabilité dans un environnement complexe, qu'est la montagne », explique Jean-Baptiste O'Neill, directeur depuis le rachat de l'entreprise en mai 2024.
Une diversification réussie
Au fil des décennies, l'atelier a diversifié sa production avec des bottes d'aviateur puis des crampons de rugby. Aujourd'hui, Le Soulor fabrique aussi des baskets, des sandales et des chaussures de ville, toujours en cuir. Son modèle phare reste la botte Ossau, vendue 490 euros. « C'est un budget, mais ramené aux dix heures de travail qu'il faut compter pour leur fabrication et à leur durée de vie, d'environ une dizaine d'années, ce n'est pas cher », justifie le directeur.
La clientèle a également évolué. « Maintenant on a des travailleurs plus urbains, des artisans, des randonneurs ou encore des amoureux des belles chaussures. On a aussi le fashionista parisien », détaille ce breton d'origine. La marque attire également des clients venus des États-Unis, du Japon ou encore de Corée du Sud.
Un ancrage pastoral préservé
Mais l'entreprise reste attachée à ses origines pastorales. « Les propriétaires précédents m'ont dit : "Le jour où tu n'as plus de bergers qui viennent t'acheter des chaussures, tu auras perdu ton âme". Ils sont notre source d'inspiration », confie Jean-Baptiste O'Neill. Une source d'inspiration et des clients qui bénéficient d'ailleurs d'un tarif préférentiel.
Un savoir-faire reconnu
Labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) en 2020 puis en 2025, Le Soulor défend un savoir-faire artisanal reconnu. « L'idée, c'est de continuer ce travail de transmission du savoir-faire et de défendre une façon de produire et consommer plus vertueuse avec des chaussures durables », insiste-t-il.
Le cuir provient de tanneries françaises situées en Alsace, en Aveyron et au Pays basque, elles aussi labellisées EPV. Les lacets sont fabriqués à Cholet. « On n'essaie pas de s'adapter aux tendances et d'être à la mode. On exécute les mêmes gestes, les mêmes techniques de cousues depuis 100 ans », précise l'ancien conseiller en stratégie.
L'entreprise compte aujourd'hui 17 salariés et produit plus de 3 000 paires par an. En plus de Bordeaux, Le Soulor possède des boutiques à Pau, Paris et Nay, au sein même de l'atelier. « Nos racines sont entre Pontacq et Nay, il n'est pas du tout question de s'exiler dans une zone industrielle. L'ancrage territorial est super important », conclut Jean-Baptiste O'Neill.



