Des dizaines de ressortissants nigérians en situation irrégulière ont été exploités dans des supérettes parisiennes, selon une enquête publiée par Libération. Les témoignages recueillis décrivent des conditions de travail indignes, des promesses de contrat à durée indéterminée jamais honorées et des salaires bien en deçà du minimum légal.
Un système d'exploitation bien rodé
Les victimes, souvent arrivées récemment en France, se voyaient proposer un emploi dans des supérettes de proximité, avec la promesse d'une régularisation de leur situation administrative. En réalité, elles étaient contraintes de travailler de longues heures, sans repos hebdomadaire, pour un salaire de 400 à 600 euros par mois, parfois payé en espèces.
L'un des témoins raconte : "Il m'a dit qu'il allait me sortir de la rue et que j'aurais un CDI. Mais je n'ai jamais eu de contrat, et je travaillais 12 heures par jour, six jours sur sept." Ce récit est représentatif de nombreuses autres expériences similaires.
Des conditions de travail dégradantes
Les employés étaient souvent logés dans des conditions précaires, parfois dans l'arrière-boutique ou dans des appartements surpeuplés. Certains devaient dormir sur des matelas à même le sol, sans accès à une cuisine ou à une salle de bain décente.
- Horaires de travail excessifs : jusqu'à 70 heures par semaine
- Salaire inférieur au SMIC, parfois payé en nature
- Absence de contrat de travail et de déclaration auprès des organismes sociaux
- Menaces et pressions psychologiques pour les empêcher de dénoncer
Des plaintes déposées
Plusieurs anciens employés ont porté plainte auprès du parquet de Paris. Une enquête préliminaire a été ouverte pour traite des êtres humains, travail dissimulé et conditions de travail indignes. Les associations de défense des sans-papiers dénoncent un phénomène répandu dans les commerces de proximité de la capitale.
Selon Me Sarah Senghor, avocate de plusieurs plaignants : "Ces personnes ont été attirées par des promesses d'une vie meilleure, mais se sont retrouvées piégées dans un système d'exploitation moderne. Il est urgent que la justice agisse."
Un appel à la vigilance
Les autorités appellent les victimes potentielles à se manifester auprès des services d'inspection du travail ou des associations spécialisées. Des campagnes d'information sont également menées pour sensibiliser les employeurs à leurs obligations légales.
Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les travailleurs sans papiers en France, souvent contraints d'accepter des emplois précaires par peur de l'expulsion. Les associations réclament une régularisation massive des travailleurs sans papiers pour mettre fin à ces exploitations.



