Un homme de 31 ans, originaire de Lunel et résidant en région lyonnaise, a été condamné ce lundi à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel pour avoir fait le guetteur sur un point de deal aux Escanaux à Bagnols-sur-Cèze. Interpellé par la police le 5 février, il a été placé en garde à vue pour surveillance d'un "four", un lieu de vente de stupéfiants.
Un profil judiciaire chargé
Dans le box, le prévenu, identifié comme Jossuam P., a reconnu les faits, expliquant qu'il était venu dans le Gard pour gagner 75 euros en une demi-journée, contacté par bouche à oreille. La présidente du tribunal, Le Flao, a détaillé son casier judiciaire, soulignant une condamnation en 2019 à neuf ans de prison ferme par la cour d'appel de Paris pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.
Il est toujours sous suivi socio-judiciaire, avec des entretiens réguliers avec un psychologue et un magistrat du parquet. La présidente a interrogé le prévenu sur ses intentions passées, auxquelles il a répondu : "Au début, j'avais envisagé de partir en Syrie". Il a également évoqué des fragilités personnelles, une vie marquée par des placements en foyer, des problèmes familiaux et des maltraitances graves, déclarant : "J'étais élevé comme un chien".
Les réquisitions du parquet
Le vice-procureur Vasserot a indiqué que cette nouvelle infraction ne permettait pas de révoquer le suivi socio-judiciaire, mais a souligné que le prévenu comparaissait en récidive, encourant théoriquement jusqu'à vingt ans de prison. Il a estimé que l'enquête caractérisait parfaitement les infractions de détention et cession de produits stupéfiants, bien que Jossuam P. ne soit pas le dirigeant du point de deal.
Le parquet a qualifié les conséquences sanitaires et sociétales du trafic de stupéfiants de "désastreuses", justifiant la demande de deux ans de prison ferme. La défense, menée par Me Viremouneix, a plaidé l'indulgence, mettant en avant les tentatives d'insertion du prévenu et un rapport social "élogieux", et a demandé aux juges de ne pas hypothéquer ces efforts.
Verdict et maintien en détention
Après délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, condamnant Jossuam P. à deux ans de prison ferme et ordonnant son maintien en détention. Ce verdict intervient dans un contexte où les autorités judiciaires renforcent la lutte contre le trafic de drogue, tout en tenant compte des parcours individuels des prévenus.
L'affaire illustre les défis de la réinsertion pour des individus aux antécédents judiciaires lourds, mêlant des enjeux de sécurité publique et de justice sociale. Le prévenu a assumé son rôle, reconnaissant avoir crié "Arah" pour alerter les dealers, tout en exprimant des regrets et un désir de ne pas récidiver.