Le gouvernement grec a annoncé un train de mesures visant à réguler la privatisation des plages, afin de lutter contre le surtourisme qui menace les côtes du pays. Ces nouvelles règles, entrant en vigueur dès 2025, imposent des amendes plus sévères et des contrôles renforcés pour les exploitants de transats et de parasols.
Des amendes multipliées par dix
Concrètement, les amendes pour occupation illégale du domaine public maritime passent de 1 000 à 10 000 euros, selon le ministère des Finances grec. Les récidivistes s'exposent à des sanctions allant jusqu'à 60 000 euros et à la confiscation du matériel. Cette mesure vise à dissuader les entreprises qui accaparent de vastes portions de plage sans autorisation.
Le secrétaire général de la politique foncière, Efthymios Bakogiannis, a déclaré : « Nous voulons garantir un accès libre et gratuit à tous les citoyens sur au moins 70 % de chaque plage. » Cette règle existait déjà mais était mal appliquée, faute de contrôles.
Un cadastre des plages en préparation
Pour améliorer la transparence, un cadastre numérique des plages sera mis en place d'ici 2026. Il recensera toutes les concessions et leur superficie. Actuellement, seules 30 % des plages grecques sont correctement répertoriées, selon une étude de l'Université d'Athènes. Ce cadastre permettra de mieux surveiller les abus et de planifier l'urbanisme côtier.
Par ailleurs, les concessions de plage seront désormais limitées à trois ans au lieu de cinq, et ne pourront pas dépasser 500 mètres carrés par exploitant. Les municipalités devront également publier en ligne la liste des plages privatisées.
Un impact économique et environnemental
Le surtourisme coûte cher à la Grèce : selon la Banque de Grèce, les dégradations environnementales liées à la surfréquentation des plages entraînent une perte de 200 millions d'euros par an en revenus touristiques potentiels. Les ONG environnementales, comme Greenpeace Grèce, saluent ces mesures mais appellent à une application stricte.
« C'est un pas dans la bonne direction, mais il faut des inspecteurs en nombre suffisant », a commenté Nikos Charalambidis, porte-parole de Greenpeace Grèce. Le gouvernement prévoit de recruter 150 agents supplémentaires pour contrôler les plages dès 2025.
Ces réformes s'inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre le surtourisme, qui touche particulièrement les îles cycladiques comme Santorin ou Mykonos. La Grèce a accueilli un record de 36 millions de touristes en 2024, soit 10 % de plus qu'en 2023.



