Six mois après l'incendie de Crans Montana : vies bouleversées
Incendie Crans Montana : vies bouleversées six mois après

Six mois après l'incendie dévastateur de Crans Montana, qui a ravagé la vallée de la Roya en août 2022, Leïla, David et Mayeul racontent leur quotidien marqué par le traumatisme. Le feu, qui a détruit des milliers d'hectares de forêt et de nombreuses habitations, a profondément bouleversé leur existence.

Un traumatisme persistant

Leïla, 42 ans, vit désormais avec une «famille de traumatisés». Elle explique : «Chaque bruit de moteur, chaque odeur de fumée nous ramène à cette nuit d'horreur. On a tout perdu, mais le pire, c'est l'angoisse qui ne nous quitte pas.» Selon une étude locale, 70% des sinistrés présentent des symptômes de stress post-traumatique, un chiffre alarmant qui souligne l'ampleur des dégâts psychologiques.

La reconstruction matérielle

David, 55 ans, a perdu sa maison et son atelier de menuiserie. «J'ai tout reconstruit de mes mains, mais je ne retrouverai jamais ce que j'avais. Les assurances n'ont couvert que 60% des pertes, et les aides publiques tardent à arriver», déplore-t-il. La municipalité de Tende, épicentre de la catastrophe, a mis en place un fonds d'urgence, mais seuls 200 foyers sur 500 ont pu bénéficier d'une indemnisation complète.

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Un lien social fragilisé

Mayeul, 28 ans, étudiant, a perdu ses grands-parents dans l'incendie. «On a enterré ma grand-mère la semaine dernière. Mon grand-père n'a pas survécu à la perte de leur maison. Le feu a tué deux fois», témoigne-t-il. La solidarité s'organise, mais les tensions montent entre les sinistrés et les autorités, accusées de lenteur administrative. Une association de victimes, «Roya renaît», réclame la mise en place d'un plan d'urgence psychologique et financier.

L'impact économique local

L'incendie a également frappé l'économie locale. 80% des commerces de la vallée ont été endommagés ou détruits. Le tourisme, vital pour la région, s'est effondré de 45% selon l'office de tourisme. Les agriculteurs, comme David, peinent à relancer leur activité. «J'ai perdu mon troupeau de chèvres, 150 bêtes. L'herbe repousse, mais il faudra des années pour que la terre redevienne fertile», confie-t-il.

Six mois après, la reconstruction est loin d'être achevée. Les sinistrés réclament des mesures concrètes, tandis que les autorités promettent un plan de relance de 50 millions d'euros. Mais pour Leïla, David et Mayeul, le chemin vers une vie normale est encore long, semé d'embûches et de souvenirs douloureux.

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