Nouvelles fouilles dans l'Yonne pour retrouver les victimes d'Émile Louis
Fouilles Émile Louis : huitième victime recherchée

Les fouilles ont repris ce lundi 18 mai 2026 dans l'Yonne, dans l'espoir de retrouver les dépouilles manquantes des victimes connues du tueur en série Émile Louis, voire des restes d'autres jeunes femmes. Ces recherches visent également à exhumer les restes d'une huitième victime potentielle, 51 ans après les premières disparitions.

Sept jeunes handicapées mentales

Des chapiteaux blancs ont été montés et une grue s'affairait dès le début de matinée dans une zone de champs et de sous-bois située à Rouvray (Yonne), à environ 17 km au nord-est d'Auxerre. C'est ici qu'Émile Louis, mort en prison à 79 ans en 2013, a avoué avoir enterré sept jeunes handicapées mentales, portées disparues dans l'Yonne entre 1975 et 1979. Des camions de gendarmerie et de pompiers occupaient le site, d'où les médias étaient tenus à l'écart. Ni la gendarmerie ni le parquet n'ont communiqué sur les moyens mobilisés.

Habitant le village voisin de Seignelay, Émile Louis disposait d'un abri à cet endroit, traversé par une petite rivière, le Serein, où il avait l'habitude de pêcher. Cet ancien chauffeur de car a été condamné à la perpétuité en 2006. Dès l'an 2000, il avait désigné ce cimetière, mais seuls deux squelettes ont été retrouvés à ce jour.

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Deux jeunes femmes, uniquement, ont donc pu être enterrées après une cérémonie à la cathédrale d'Auxerre le 23 octobre 2004. « Il y avait deux cercueils et, à côté, cinq bougies » qui désignaient les autres « disparues de l'Yonne », se souvient Me Didier Seban, avocat historique de la partie civile. « On s'était promis de rendre les corps », ajoute-t-il dans un échange. « On doit des corps à ces familles », renchérit Pierre Monnoir, président de l'Association de défense des handicapées de l'Yonne (ADHY) et partie civile.

Une huitième victime potentielle ?

Outre la recherche de victimes connues, les fouilles visent à exhumer les restes d'une huitième victime potentielle, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, dont le crâne a été découvert en décembre 2018 sur le même site. La jeune fille, disparue en 1975, était une enfant de l'assistance publique, comme les sept victimes connues. Elles avaient presque toutes emprunté le bus scolaire conduit par Émile Louis, décrit lors de son procès comme un « tueur hors série » et pervers « extrême ».

Marie-Jeanne Ambroisine Coussin est « très certainement une huitième victime », estime Me Seban, qui représente sa famille. « Des victimes, il y en a peut-être encore d'autres », dont les restes pourraient être retrouvés, estime-t-il. « Je souhaite qu'on arrive à fouiller tout le bois, pour ma mère mais aussi pour les autres victimes », déclare Jacques Ponce, fils de Mme Coussin. « Pour les familles, ce serait quand même bien si l'on pouvait retrouver quelque chose », acquiesce Patrice Darlaut, 75 ans, habitant du petit village de Rouvray. « C'est trop tard », estime en revanche un autre voisin, sous couvert d'anonymat.

« Les corps ont pu être emportés avec les eaux »

Ces nouvelles recherches sont les troisièmes en moins de deux ans, après une campagne à l'automne 2024 puis une autre en mai 2025. Seuls des vêtements et un vélo avaient été exhumés, sans qu'on en connaisse la provenance, mais aucun reste humain. En mai 2025, les fouilles avaient été stoppées après deux semaines environ, à la suite du décès accidentel d'un gendarme sur les lieux.

Les actuelles fouilles sont prévues pour « une période estimée à 15 jours », a indiqué Marie-Denise Pichonnier, procureure de la République d'Auxerre. Me Seban « espère que le parquet poursuivra les fouilles s'il y a des découvertes ». « La rivière le Serein est capricieuse et les corps ont pu être emportés avec les eaux », reconnaît Me Seban. « Mais c'est possible quand même » de retrouver des restes, assure-t-il, continuant à insister pour poursuivre les recherches malgré leurs coûts : 100 000 euros pour les seules fouilles de 2025, avait alors indiqué le parquet. « On doit donner une sépulture à ces familles, l'État a déjà tellement failli dans cette affaire », souligne l'avocat, en référence à cette enquête vieille de 51 ans et pour laquelle même le ministère de la Justice a reconnu un « fonctionnement défectueux ».

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