Le Conseil municipal de Boucau a adopté le budget 2026, jeudi 30 avril, dans un climat de forte tension. L’adjoint aux finances, Christophe Martin, a alerté les Boucalais sur la fragilité des comptes de la commune, soulignant une capacité de désendettement et un taux d’épargne inquiétants.
Un budget adopté sous tension
Principale délibération du Conseil municipal boucalais du jeudi 30 avril, le budget 2026 a été adopté par la majorité, les oppositions s’abstenant. Christophe Martin, adjoint au maire aux finances, a souligné d’emblée que « ce budget a été construit en neuf jours, dans un délai contraint, avec des engagements déjà pris et des marges de manœuvre limitées ». Avant tout, l’élu veut « dire la vérité aux Boucalais, que la situation budgétaire est grave ».
Des indicateurs alarmants
Son appréciation s’appuie notamment sur trois des quatre indicateurs clés suivis par le préfet caractérisant la fragilité des comptes :
- Le fonds de roulement s’établit à 15,89 jours de charges (la moyenne est de 60 jours).
- La capacité de désendettement (avec 11,36 années) est au-delà du seuil de vigilance.
- Le taux d’épargne ressort à 6,48 %, en deçà d’une moyenne à plus de 10 %.
Toujours selon Christophe Martin, « Boucau vit au-dessus de ses moyens. Nous ne sommes plus dans l’ajustement mais dans l’alerte », a-t-il ajouté. Si rien ne change, il estime que la commune se dirige vers une capacité de désendettement à 28 ans. Il rappelle sa demande d’un audit des comptes de la Ville et du CCAS. Sans ambages, il appelle à des décisions courageuses pour trouver de nouvelles économies et recettes. Cela se décline par l’absence de recrutement, un examen de l’organisation des services, la chasse aux subventions et aux dépenses inutiles.
Réactions de l’opposition
Selon Guy Boulanger (tête de la liste Agir ensemble pour le Boucau), « ce budget est équilibré mais fragile et ne dégage aucune stratégie pour les mois et années à venir », ciblant notamment les dépenses de fonctionnement, dont la masse salariale, avant de critiquer l’augmentation des indemnités des élus de la majorité de 18,7 %. Pour Hélène Etchenique (PCF), « il va falloir faire avec, certaines promesses vont s’envoler ». Tout en évoquant les effets induits du contexte national et international, elle considère la situation financière de la commune préoccupante. « Il va falloir faire avec, souffle-t-elle. Certaines promesses vont s’envoler, dommage que la sincérité n’ait pas été de mise lors de la campagne. » Pragmatique, Gilles Lassabe est, lui, « satisfait d’avoir beaucoup construit du social », sans quoi la pénalité SRU (65 000 euros en 2026) pèserait encore plus sur le budget de la ville.



