Un Algérien condamné à 30 mois de prison après avoir blessé des policiers et exhibé son pénis à Alès
30 mois de prison pour un homme ayant blessé des policiers et exhibé son pénis à Alès

Une nuit de violences et d'exhibition au poste de police d'Alès

Un homme de 36 ans, de nationalité algérienne, a été jugé en comparution immédiate ce lundi 9 février 2026 au palais de justice d'Alès, dans le Gard. Le prévenu, en situation irrégulière sur le territoire français et sous obligation de quitter le territoire (OQTF), était accusé d'avoir blessé deux policiers et d'avoir exhibé son pénis au poste de police.

Les faits : une intervention qui tourne mal

Dans la nuit du 4 au 5 février, vers 1 heure du matin, deux policiers nationaux d'Alès ont été appelés pour une tentative de squat rue Sœur-Marianne. Après avoir contrôlé deux personnes, ils ont interpellé un troisième individu, le prévenu. Lors de son arrestation, cet homme a blessé un premier policier en chutant avec lui dans un escalier après lui avoir asséné un coup d'épaule. Un second fonctionnaire a été victime d'un coup de pied dans la voiture de police.

Au poste, le trentenaire a exhibé son pénis, ajoutant une charge d'exhibition sexuelle à celles de violences, outrages, rébellion et menaces de mort. Six policiers se sont finalement constitués partie civile.

La défense surprenante de l'accusé

Assisté d'une traductrice, le prévenu a nié avoir porté des coups, reconnaissant seulement les insultes. Il a martelé que les policiers l'avaient "tabassé" et a dénoncé leurs mensonges. "C'est votre version, Monsieur. Vous avez le droit…", lui a répondu Claire Sarode, la présidente de l'audience.

L'homme a insisté : "C'est la vérité. Ce que j'ai raconté c'est ça. Ils sont tous contre moi". Concernant l'exhibition, il a expliqué : "J'ai très très mal", accusant les fonctionnaires de l'avoir frappé à l'entrejambe et affirmant qu'il ne supportait plus son habit. La magistrate a relevé : "Ça fait beaucoup d'agents de police qui mentent, quand même".

Le mis en cause, qui avait bu, a reconnu un comportement excessif : "Moi aussi, j'ai abusé un peu, voilà… Après, en gros, j'avais pété les plombs".

Le réquisitoire et la plaidoirie

Me Jean-François Corral, avocat des forces de l'ordre, a dénoncé la "mauvaise foi" du trentenaire, évoquant une "absence totale de colonne vertébrale morale" et un "flot de saletés déversé sur les policiers". Cindy Fernandez, la substitut du procureur, a qualifié cette "nuit carrément ahurissante" marquée par le "comportement incontrôlable" de l'accusé.

En défense, Me Sophie Bonnaud a plaidé que le dossier présentait "une forte opposition" et manquait d'éléments, tout en estimant que son client pouvait dire la vérité.

La sentence : 30 mois de prison et une interdiction de séjour

Le tribunal a suivi le réquisitoire du parquet. L'homme a été condamné à :

  • Deux ans de prison avec maintien en détention
  • La révocation d'un sursis simple de six mois, portant la peine totale à trente mois d'incarcération
  • Une interdiction de séjour sur le territoire national durant dix ans
  • Une inscription au Fijais, le fichier des délinquants sexuels

Le prévenu, qui se déclarait initialement SDF mais a finalement indiqué être marié et domicilié à La Grand-Combe, purge désormais sa peine derrière les barreaux.