Alors que les feux se multiplient sur le territoire national et que les pompiers sont toujours engagés sur un incendie majeur dans les Pyrénées-Orientales, l'Union régionale des sapeurs pompiers Sud Méditerranée lance un appel à « un sursaut de solidarité » pour libérer les volontaires. Ceux-ci doivent actuellement poser des jours de congé pour partir en renfort.
Incendie critique dans les Pyrénées-Orientales : près de 5 000 hectares brûlés
Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie majeur a déjà provoqué de lourds dégâts, causé l'évacuation de milliers de personnes, encerclé des villages, et approchait lundi soir les 5 000 hectares brûlés. Alors que la saison estivale commence à peine, les représentants des pompiers appellent à la vigilance et à la mobilisation.
Jean-Luc Decitre : « Libérez vos salariés sapeurs-pompiers volontaires »
« Ce que nous vivons est très lourd, la saison a commencé très tôt, et très fort. Dans les départements méditerranéens, on sait qu'il va falloir tenir sur la longueur et que cela va être très difficile », déclare Jean-Luc Decitre, à la tête de l'Union régionale des sapeurs pompiers, qui rassemble 13 départements le long de l'arc méditerranéen. L'Union régionale demande « que tout le monde fasse un acte de solidarité, sinon on va être pris à la gorge ». Aider, c'est donner des jours et « libérer » une partie des effectifs, quand c'est possible. Les grandes entreprises privées et les collectivités sont les mieux placées pour pouvoir ajuster leur charge de travail.
« Il faut qu'il y ait un électrochoc, des politiques et des grands groupes, engage Jean-Luc Decitre. Ça permet de sauver des vies et de protéger des milliers d'hectares. » « Ça fait plus d'une semaine que ça brûle. On se demande comment on va faire. J'en appelle à la solidarité des employeurs », plaide-t-il.
Des pompiers volontaires contraints de poser des congés
« J'en appelle à la responsabilité de tous les employeurs, privés et publics : "Libérez vos salariés sapeurs pompiers volontaires". Actuellement, les collègues posent des jours de congé, pour pouvoir partir en renfort, alerte Jean-Luc Decitre. Ils sont au feu, ils font un travail harassant. À leur retour, ils ont besoin de se reposer. Quand le pompier va au feu, le lendemain, il faut qu'il se repose. »
Une cinquantaine de Varois et une vingtaine de camions déjà mobilisés
Pour ce pompier d'expérience, « cela s'appelle la guerre du feu. Il n'y a pas que les pompiers, devant, mais tout ce qui peut les aider et les soutenir, derrière. La guerre du feu a déjà commencé ». Déjà une cinquantaine de pompiers varois est partie dans les Pyrénées-Orientales, « le premier roulement a été fait ce matin [lundi 6 juillet]. Des collègues officiers sont partis pour renforcer les équipes ». Des pompiers qui maîtrisent les techniques de contre-feu ont également pris la route, ainsi qu'une vingtaine de véhicules incendie du Var.
« Dans le même moment, toutes les activités du quotidien se poursuivent en caserne. Sur la côte, les touristes sont en train d'arriver. Heureusement, on n'a pas de vent, on s'en tire bien. » D'autres départements connaissent par contre des feux de forêt, là où ils sont plus rares, à Die dans la Drôme (plus de 450 hectares) et en Haute-Loire près de Langeac (une centaine d'hectares).
Dans le Var, 82 % des pompiers sont volontaires
Dans le Var, les pompiers volontaires représentent 82 % des hommes et femmes qui portent la tenue. C'est dire l'importance de ces 4 600 pompiers varois qui sont engagés en intervention de la même façon que les professionnels. « Sans volontaires, on ferme les casernes », résume Jean-Luc Decitre.



