L'avocat pénaliste Amar Bouaou, connu pour avoir défendu des figures de la criminalité organisée liées au trafic de stupéfiants, a été mis en examen pour blanchiment en bande organisée et fraude fiscale. L'information, révélée par Le Monde, a été confirmée mercredi par le parquet de Paris à l'AFP.
Des honoraires en espèces signalés par Tracfin
Selon le parquet, la cellule de renseignement financier Tracfin avait signalé la perception par cet avocat de près de 300 000 euros en provenance de sociétés sans activité économique réelle. Le dossier est suivi par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.
Interrogés par l'AFP, les avocats d'Amar Bouaou – Mes Clarisse Serre, Hugues Vigier, Frédéric Trovato, Guillaume Herzog et Raphaël Chiche – entendent « rappeler qu'il n'a évidemment jamais fait partie d'aucun réseau de blanchiment ».
Un mécanisme d'échange de numéraires pour faire face aux charges
Ils expliquent qu'« après avoir connu plusieurs fermetures de ses comptes professionnels et personnels du fait de ses dépôts bancaires d'honoraires réglés en espèces, il a procédé, sans le moindre enrichissement, à des échanges de numéraires contre des virements pour permettre d'affronter ses charges professionnelles comme celles de son foyer ».
Les avocats ajoutent : « Il se trouve mis en examen pour avoir illégitimement répondu aux fermetures de ses comptes professionnels (du seul fait des dépôts d'honoraires en espèces), qui sont totalement arbitraires puisqu'elles ne sont pas motivées mais ne sont pas non plus susceptibles de recours. Pour le reste, il démontrera que ce mécanisme lui a permis de déclarer le fruit de son travail et d'honorer, de ce fait, les sommes dues aux organismes sociaux, ordinaux, comme au Trésor Public. »



