Le 6 juillet 2026, Cuba a été frappée par une panne électrique générale, plongeant l'île dans l'obscurité pour la deuxième fois en neuf mois. Cette nouvelle coupure, qui a affecté l'ensemble du territoire, est directement liée à la pénurie de pétrole exacerbée par le blocus économique imposé par les États-Unis.
Une panne généralisée et ses conséquences immédiates
Selon l'Union électrique cubaine (UNE), la panne a débuté à 11h30 heure locale, provoquant l'arrêt de la centrale thermique de Mariel, dans la province d'Artemisa. En cascade, les autres centrales du pays se sont déconnectées du réseau, entraînant un black-out total. Les autorités ont immédiatement activé le protocole de rétablissement, mais celui-ci pourrait prendre plusieurs jours en raison du manque de combustible.
Les hôpitaux et les services essentiels ont été placés sous alimentation électrique d'urgence, mais de nombreux foyers se sont retrouvés sans électricité pendant des heures. À La Havane, les transports en commun ont été paralysés et les commerces ont fermé leurs portes. Les écoles et les administrations ont suspendu leurs activités.
Le blocus américain en cause
Le gouvernement cubain a imputé cette panne au renforcement du blocus économique des États-Unis, qui limite l'accès de l'île aux marchés pétroliers. « Cette panne est la conséquence directe des sanctions américaines qui nous empêchent d'acheter du pétrole et des pièces de rechange pour nos centrales », a déclaré le ministre de l'Énergie, Liván Arronte, lors d'une conférence de presse. Il a précisé que les réserves de fioul étaient tombées à un niveau critique, rendant impossible le fonctionnement stable du réseau électrique.
Selon des données officielles, Cuba importe environ 60 % de son pétrole, principalement du Venezuela et de la Russie, mais ces approvisionnements ont été perturbés ces derniers mois. Le blocus américain, renforcé sous l'administration Trump, interdit également aux entreprises étrangères de fournir des équipements à Cuba, ce qui aggrave la vétusté des infrastructures énergétiques.
Un précédent en 2025
Cette panne survient après celle du 27 octobre 2025, qui avait déjà paralysé le pays pendant plusieurs jours. À l'époque, le gouvernement avait décrété l'état d'urgence énergétique et mis en place des délestages tournants. Malgré ces mesures, la situation n'a fait qu'empirer en raison de la crise économique et de l'incapacité à moderniser le parc électrique.
Les experts estiment que le réseau électrique cubain, vieillissant et dépendant de centrales thermiques obsolètes, nécessite des investissements colossaux. Or, le blocus empêche tout financement international, notamment de la part d'institutions comme la Banque mondiale ou le FMI.
Réactions internationales
Plusieurs pays ont exprimé leur solidarité avec Cuba. Le Venezuela a proposé une aide d'urgence en pétrole, tandis que la Russie a dénoncé « les conséquences désastreuses du blocus américain ». De son côté, le gouvernement américain n'a pas commenté directement la panne, mais a réaffirmé sa position sur les sanctions.
Les Nations unies, par la voix de leur secrétaire général, ont appelé à une solution diplomatique pour alléger les souffrances de la population cubaine. Une résolution condamnant le blocus est attendue à l'Assemblée générale dans les prochains jours.
Impact sur la population
Pour les Cubains, cette panne aggrave une situation déjà difficile. Les files d'attente pour le pain et les produits de première base se sont allongées. Dans les quartiers populaires, la chaleur étouffante et l'absence d'eau courante (due à l'arrêt des pompes) rendent le quotidien insupportable. « Nous n'avons plus rien, ni électricité, ni eau, ni essence. C'est invivable », témoigne Maria, une habitante de Santiago de Cuba.
Les autorités appellent à la patience et assurent que tout est mis en œuvre pour rétablir le courant. Mais sans accès au pétrole, la perspective d'une amélioration rapide semble compromise.



