Revivra-t-on la même indécision à l'horizon de la fin de l'année 2026 et du début de 2027 ? Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, la France vit au rythme de l'incertitude politique, des crises politiques et budgétaires.
La feuille de route du Premier ministre
Devant le Medef, ce lundi, le Premier ministre a présenté sa feuille de route. Il entend éviter que ne se répète ce même scénario. Son but : faire adopter un budget pour 2027, année présidentielle, « avant février ». Selon lui, une absence de budget à cette date « conduirait à un déficit à 6 ou 7 % », contre 5 % envisagé.
Le chef du gouvernement, privé de majorité à l'Assemblée nationale, entend préparer le budget « le plus en amont possible » et semble écarter la possibilité de le faire passer par une loi spéciale. Cet outil législatif permet de pallier l'absence de budget, en reconduisant les recettes de l'année précédente et en engageant des dépenses nécessaires à la continuité de l'État.
Les mises en garde de Sébastien Lecornu
Mais pour Sébastien Lecornu, « une loi spéciale n'est pas un budget et n'est pas la reconduction non plus du budget précédent. Donc soit on arrive à faire adopter un budget pour 2027 avant février, soit il n'y aura pas de budget avant longtemps » compte tenu du calendrier de la présidentielle, prévue en avril-mai, qui sera sans doute suivie par des élections législatives. Ce qui pourrait conduire à la finalisation du budget en octobre. Une absence de budget « conduirait à un déficit à 6 ou 7 % » du Produit intérieur brut (PIB), au lieu de 5 % visé cette année, après 5,1 % en 2025.
Le coût des arrêts maladie, « mère de toutes les batailles »
Lecornu estime que « les gels, les rabots, la mise sous pression de l'État […] ont épuisé leurs effets » et défend des « réformes structurelles », même « modestes », pour redresser les finances publiques. Il ne veut toujours pas de hausses d'impôts ni de mesures de type « année blanche » (gel des crédits).
Le « sujet majeur » sera pour lui « l'assurance maladie », alors que le déficit de la Sécurité sociale pour 2026 s'est dégradé à 23,2 milliards d'euros, soit 0,8 point de PIB, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale. Il entend mettre au « débat » du Parlement, qui se penchera à l'automne sur le budget de l'État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS), le remboursement de médicaments « qui ne servent plus à grand-chose » ou le coût des arrêts maladie, « mère de toutes les batailles », qui ne peut « pas attendre la présidentielle ».



