La nomination de Nicolas Demorand et Ali Baddou à des créneaux horaires stratégiques sur France Inter provoque des remous en interne. Les deux journalistes, proches de la direction, sont accusés de bénéficier d'un traitement de faveur, ce qui ravive les soupçons de copinage au sein de la radio publique.
Des choix contestés
Selon plusieurs sources internes, l'attribution des nouvelles tranches matinales à Demorand et Baddou a été décidée sans consultation préalable des équipes. Cette décision unilatérale a suscité l'incompréhension et la colère parmi les journalistes, qui y voient une rupture avec les principes de méritocratie et de transparence.
Le syndicat SNJ-CGT de France Inter a dénoncé dans un communiqué « une gestion opaque des ressources humaines » et réclamé une réunion d'urgence avec la direction. De son côté, la direction de la station justifie ces choix par la nécessité de « renouveler l'antenne » et de « fidéliser l'audience ».
Un précédent qui interroge
Ce n'est pas la première fois que France Inter est épinglée pour des accusations de favoritisme. En 2022, la nomination de Léa Salamé à une émission de grande écoute avait déjà suscité des critiques. Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la direction et les journalistes, notamment sur les questions d'indépendance éditoriale.
Plusieurs auditeurs ont également exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, estimant que la station privilégie les « amis de la maison » au détriment de la diversité des voix. Une pétition interne circule pour demander une révision des critères d'attribution des créneaux horaires.
La direction se défend
Interrogée par Libération, la direction de France Inter rejette ces accusations. Elle affirme que les choix ont été faits « en fonction des compétences et de l'expérience des journalistes » et que les nouvelles grilles visent à « mieux répondre aux attentes du public ». Elle promet également de « renforcer le dialogue social » pour apaiser les tensions.
Nicolas Demorand et Ali Baddou, pour leur part, n'ont pas souhaité commenter. Leurs nouvelles émissions doivent débuter à la rentrée de septembre, mais la polémique pourrait bien ternir le lancement.



