Les assemblées générales des grandes entreprises sont devenues le théâtre d'une lutte d'influence entre actionnaires militants et directions. Ces dernières années, les résolutions déposées par des investisseurs soucieux de l'environnement ou du social se multiplient, mais leur taux de succès reste faible. En 2025, seules 12% des propositions ont recueilli plus de 50% des voix, selon un rapport de l'agence de conseil Proxinvest.
Une progression notable des thématiques ESG
Les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) gagnent du terrain dans les préoccupations des actionnaires. Le nombre de résolutions liées au climat a bondi de 40% en un an, passant de 150 à 210. Parmi elles, celles exigeant des objectifs de réduction des émissions de CO2 alignés sur l'accord de Paris sont les plus fréquentes. Cependant, les grandes entreprises comme TotalEnergies ou LVMH parviennent souvent à les faire rejeter grâce au soutien des actionnaires majoritaires.
Le cas emblématique de TotalEnergies
Lors de l'assemblée générale de TotalEnergies en mai 2026, une résolution climatique déposée par un collectif d'investisseurs a recueilli 28% des voix, un score en hausse par rapport à 2025 mais insuffisant pour être adoptée. La direction a argué que ses propres plans étaient suffisamment ambitieux, tandis que les militants dénoncent un manque de transparence sur les investissements fossiles.
Des actionnaires de plus en plus organisés
Les investisseurs institutionnels, comme les fonds de pension ou les assureurs, sont de plus en plus nombreux à soutenir ces résolutions. BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, a voté en faveur de 35% des résolutions climatiques en 2025, contre 25% l'année précédente. Mais cette tendance se heurte à la résistance des entreprises, qui utilisent des mécanismes comme le vote multiple ou les actions à droits de vote différenciés pour conserver le contrôle.
Les limites de l'activisme actionnarial
Malgré une mobilisation croissante, l'impact concret reste limité. Les résolutions sont souvent non contraignantes et les entreprises peuvent les ignorer. De plus, les actionnaires individuels peinent à se faire entendre face aux poids lourds institutionnels. Certains experts plaident pour un renforcement du cadre réglementaire, notamment en Europe avec la directive sur le devoir de vigilance des entreprises.
En attendant, les assemblées générales continuent d'être un baromètre des tensions entre rentabilité à court terme et exigences de durabilité. Les militants promettent de redoubler d'efforts pour 2027, avec des résolutions mieux préparées et des alliances élargies.



