Canicule à Béziers : jusqu'à 32°C dans les classes, un collège tire la sonnette d'alarme
Canicule : 32°C dans des classes à Béziers, le collège Krafft alerte

« Il paraît urgent d’agir, les mots sont peut-être un peu forts mais c’est de la maltraitance pour les élèves » : c’est ainsi que Sébastien Riberprey, représentant du personnel et professeur au collège Katia et Maurice Krafft à Béziers, décrit la situation. Depuis plusieurs semaines, l’Hérault est frappé par des vagues de chaleur intenses, et les établissements scolaires en subissent de plein fouet les conséquences. Dans ce collège construit il y a plus de cinquante ans, des températures allant jusqu’à 32 degrés ont été enregistrées dans certaines salles de classe.

Des conditions difficiles pour les élèves et le personnel

Face à cette chaleur accablante, la direction du collège a mis en place des mesures de « bon sens » : les élèves sont autorisés à faire davantage de pauses pour s’hydrater, des carafes d’eau sont disposées dans les classes, et les cours d’EPS sont organisés à l’abri du soleil. Sylvain Ladent, principal de l’établissement, reconnaît son impuissance : « Chaque année, cela pose problème, mais cette année, c’est arrivé bien plus tôt. On est désemparé, tout le collège est au soleil. On conseille aux élèves de s’habiller plus légèrement et de prendre des gourdes d’eau, mais ce n’est pas suffisant. »

Pour Sébastien Riberprey, ces solutions temporaires ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il insiste sur l’urgence d’agir et estime que le sujet des fortes chaleurs dans les écoles doit devenir une priorité de la politique éducative. « Il paraît urgent d’agir, les mots sont peut-être un peu forts mais c’est de la maltraitance pour les élèves », martèle-t-il.

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Des travaux colossaux mais un budget limité

Un audit énergétique réalisé début 2026 par le Département de l’Hérault, compétent pour les collèges, a évalué les besoins de rénovation de l’ensemble des établissements. Les résultats préconisent près de 200 millions d’euros de travaux, alors que le budget annuel alloué à ces rénovations n’est que de 35 millions d’euros. Renaud Calvat, vice-président du conseil départemental délégué à l’éducation, explique qu’il n’y a pas de solution unique : « Il faut allier la rénovation des bâtiments et l’adaptation de l’organisation du temps scolaire, en commençant un peu plus tôt le matin par exemple. »

Depuis dix ans, des travaux de rénovation sont entrepris dans les collèges les plus anciens de l’Hérault. Ainsi, au collège de La Devèze, construit il y a 55 ans, le double vitrage a été installé et des systèmes de rafraîchissement d’air ont été mis en place au CDI. L’objectif prioritaire du Département est que « tous les établissements scolaires disposent d’au moins une pièce plus fraîche pour accueillir les élèves », selon Renaud Calvat. Cependant, aucun calendrier précis n’a encore été communiqué.

Des examens décalés le matin

Face à la canicule, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé ce lundi : « Je ne souhaite plus qu’aucun examen ne se déroule les après-midis. On ne peut plus se permettre aujourd’hui d’avoir des épreuves, en mai ou en juin, qui se déroulent de 14 h à 18 h. » Cette mesure est déjà appliquée pour le brevet des collèges, dont les épreuves ont lieu en très grande majorité le matin, à l’exception de l’épreuve de sciences d’une heure, le mardi après-midi. De même, les épreuves du baccalauréat, qui se déroulent cette semaine, sont programmées en matinée.

L’adaptation des établissements scolaires aux vagues de chaleur récurrentes devient un enjeu majeur. Alors que le changement climatique allonge les périodes de canicule, les solutions structurelles peinent à suivre le rythme nécessaire, laissant élèves et enseignants dans l’inconfort, voire la détresse.

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