Dans une tribune publiée dans Libération, le philosophe Michaël Foessel interroge la notion de démocratie, un mot qu'il juge usé par un usage excessif et souvent détourné. Pour lui, la démocratie ne se résume pas à un simple mécanisme électoral, mais doit être repensée en profondeur pour répondre aux crises actuelles. Il critique une démocratie devenue « formelle », où les citoyens sont réduits à des électeurs passifs, et appelle à une participation plus active et continue.
Les symptômes d'une démocratie en crise
Foessel identifie plusieurs symptômes de cette usure : la montée de l'abstention, la défiance envers les institutions, la montée des populismes. Il estime que ces phénomènes ne sont pas des accidents, mais des manifestations d'un système qui ne parvient plus à incarner la souveraineté populaire. Le philosophe souligne que la démocratie ne peut survivre si elle se contente de gérer les affaires courantes sans impliquer réellement les citoyens dans les décisions.
Vers une démocratie participative et délibérative
Pour sortir de cette impasse, Michaël Foessel propose de réinvestir les espaces de débat public. Il plaide pour une démocratie plus délibérative, où la discussion et la confrontation des idées précèdent le vote. Il évoque des expériences comme les conventions citoyennes, qui permettent de renouer avec une forme de souveraineté partagée. Selon lui, il est urgent de « réinventer la démocratie » en lui redonnant son sens premier : le pouvoir du peuple, exercé de manière continue et non plus seulement lors des échéances électorales.
L'auteur insiste sur la nécessité de repenser les institutions pour les rendre plus perméables aux initiatives citoyennes. Il appelle à une décentralisation du pouvoir, à une plus grande transparence des décisions et à une éducation politique renforcée. Pour Foessel, la démocratie ne doit pas être un mot vide, mais un processus vivant, en constante évolution, capable de s'adapter aux défis du XXIe siècle, qu'ils soient écologiques, sociaux ou numériques.
En conclusion, Michaël Foessel nous invite à ne pas désespérer de la démocratie, mais à en faire un chantier permanent. Il rappelle que la démocratie est avant tout une conquête, et qu'elle ne se maintient que par l'engagement de chacun. Sa tribune est un appel à l'action, à la réflexion collective et à la réappropriation d'un idéal politique trop souvent galvaudé.



