Marc Dugain : les présidents ont fragilisé la fonction présidentielle
Marc Dugain : la fonction présidentielle fragilisée

L'écrivain et réalisateur Marc Dugain, connu pour ses romans politiques, livre une analyse sans concession de l'état de la fonction présidentielle en France. Selon lui, les trois derniers présidents de la République ont porté un « sacré coup » à l'institution, la fragilisant de manière durable.

Une fonction présidentielle en déclin

Dans un entretien au Monde, Dugain estime que Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron ont chacun contribué à éroder la crédibilité et le prestige de la fonction. Il évoque une « présidentialisation excessive » qui a conduit à une personnalisation du pouvoir, au détriment de l'équilibre institutionnel.

L'écrivain souligne que les réformes constitutionnelles et les pratiques politiques ont transformé le président en « hyperprésident », mais que cette concentration des pouvoirs s'est accompagnée d'une perte de confiance des citoyens. « On a assisté à une inflation des promesses non tenues et à une déconnexion croissante entre le sommet de l'État et le peuple », analyse-t-il.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les critiques envers les trois présidents

  • Nicolas Sarkozy : Dugain lui reproche une « rupture des codes républicains » et un style trop personnel, qui a banalisé la fonction.
  • François Hollande : Selon lui, son quinquennat a été marqué par une « impuissance politique » et une communication chaotique, affaiblissant l'autorité présidentielle.
  • Emmanuel Macron : L'écrivain pointe une « verticalité excessive » et un mépris apparent pour les corps intermédiaires, aggravant la crise démocratique.

Dugain ne se contente pas de critiquer : il appelle à une réflexion profonde sur le rôle du président dans la Ve République. « Il faut peut-être revenir à un équilibre plus parlementaire, où le président ne serait plus le seul maître à bord », suggère-t-il.

Un constat partagé par d'autres intellectuels

Cette analyse rejoint les travaux de plusieurs politistes et historiens qui, depuis des années, alertent sur la « présidentialisation à outrance ». Pour Dugain, le problème est structurel : « La fonction a été conçue pour un homme providentiel, mais dans une société complexe et fragmentée, cela ne fonctionne plus. »

Il conclut en espérant que les prochains mandats sauront tirer les leçons de ces échecs pour restaurer la confiance.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale