LFI classée "extrême gauche" : la polémique enfle entre Mélenchon et le ministère de l'Intérieur
LFI classée "extrême gauche" : la polémique enfle

Le ministère de l'Intérieur reclasse LFI comme mouvement d'extrême gauche

Une décision du ministère de l'Intérieur fait actuellement grand bruit dans le paysage politique français. Dans une circulaire relative à l'attribution des nuances politiques pour les élections, La France insoumise a été reclassée comme mouvement d'« extrême gauche », alors qu'elle était jusqu'alors simplement située à gauche. Ce changement soudain a immédiatement provoqué une vive réaction des responsables du mouvement.

La colère de Jean-Luc Mélenchon et le soutien inattendu du PS

Dans une note de blog particulièrement énervée publiée le 7 février 2026, Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi à cette décision. Le leader de LFI accuse le ministre de l'intérieur de « faire du Trump » et critique sévèrement cette initiative. « Nunez innove et trouble l'ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques », écrit-il en omettant le prénom du ministre, selon une habitude qu'on lui connaît.

Le mouvement envisage de porter l'affaire devant le Conseil d'État, suivant ainsi la même voie que celle empruntée en vain par Marine Le Pen et le Rassemblement National lorsqu'ils avaient été classés à l'extrême droite au printemps 2024. Surprise : LFI a reçu le dimanche suivant un soutien inattendu d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Ce dernier estime « injuste » un tel classement qui reviendrait selon lui à « dédiaboliser l'extrême droite ». Pour Olivier Faure, LFI « est un parti de la gauche radicale », un point c'est tout.

Les trois arguments du ministère de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur a précisé lundi sur BFMTV les trois raisons qui justifient selon lui ce nouveau classement. Premièrement, la dénonciation très virulente par LFI de « la police qui tue ». Deuxièmement, le détachement progressif de LFI du reste de la gauche traditionnelle. Troisièmement, l'éloignement des « valeurs humanistes républicaines, en donnant la primauté aux aspects communautaires de l'organisation de la société ».

Ces arguments trouvent selon le ministère de multiples illustrations dans la précampagne pour les élections municipales. Plusieurs déclarations de responsables LFI sont citées en exemple, notamment celles de l'eurodéputée Rima Hassan qui a estimé que « dans un État raciste qui relativise son histoire coloniale, la couleur de la peau, c'est politique », appelant à « élire ceux qui nous ressemblent ».

Le refus catégorique de LFI et la question des étiquettes

La France insoumise refuse catégoriquement cette appartenance à l'extrême gauche, lui préférant l'appellation « gauche radicale ». Mais une question fondamentale se pose : est-ce aux intéressés de choisir leurs propres étiquettes politiques ? Cette polémique rappelle étrangement celle qui avait agité le Rassemblement National deux ans plus tôt, lorsque ce dernier avait été classé à l'extrême droite.

La tension est palpable, comme en témoigne la réponse cinglante de Jean-Luc Mélenchon à une demande d'entretien formulée par les auteurs du livre d'enquête La meute, enquête sur La France insoumise : un simple mot, « Ordure ». Cette affaire de classement politique dépasse le simple cadre administratif pour toucher à l'identité même du mouvement et à sa place dans le paysage politique français.