Davos 2026 : un tournant dans les relations transatlantiques ?
Les postures de fermeté affichées par les dirigeants européens lors du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, du 19 au 23 janvier 2026, soulèvent une question cruciale : signent-elles la fin de la stratégie munichoise adoptée par l'Europe depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025 ? Cette évolution est vivement souhaitable, car le président américain n'a manifestement pas terminé son offensive, que ce soit envers les États-Unis, l'Europe ou le reste du monde.
Le souvenir douloureux de la vassalisation européenne
Souvenons-nous des événements récents. En juillet 2025, face à l'agressivité commerciale de Donald Trump, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a accepté en notre nom ce que beaucoup qualifient de "deal de la honte". Cet accord incluait des droits de douane exorbitants et asymétriques de 15 %, l'engagement d'acheter plus de gaz de schiste que l'Europe n'en consommera jamais, et la promesse d'investir massivement dans l'économie américaine au détriment de la nôtre. Un choix assumé de vassalisation, ironiquement surnommé "l'humiliation heureuse" par certains observateurs.
L'expansionnisme américain et les menaces globales
Les menaces ne se limitent pas au commerce. En janvier 2026, la capture de l'autocrate vénézuélien Nicolas Maduro n'a d'abord suscité que de médiocres réactions européennes. Parallèlement, Donald Trump affiche des ambitions territoriales, notamment avec son projet d'annexer le Groenland, rappelant l'annexion de la Crimée par Vladimir Poutine en 2014. Les guerres d'expansion territoriale, la prolifération nucléaire et l'accaparement par la force des ressources naturelles semblent faire leur retour sur la scène internationale.
Le Conseil de la paix inauguré par Donald Trump le 22 janvier 2026, destiné à remplacer les Nations unies, est perçu par beaucoup comme un "conseil des nouvelles guerres". Il englobe les conflits de l'information, de la science, du pétrole, des minerais et du commerce. Le président américain organise ce qui ressemble à une grande prédation de la planète, favorisant la confrontation avec la Chine et son impérialisme concurrent. Il désigne clairement ses ennemis : la démocratie libérale, l'État de droit, l'Union européenne, sa puissance régulatrice et son projet de civilisation.
La réaction tardive et risquée de l'Europe
Les menaces sur le Groenland et les humiliations publiques infligées à nos dirigeants ont fini par pousser ces derniers à relever la tête. Cependant, cette fermeté affichée à Davos a été rapidement détournée par le rejet de toute mesure de rééquilibrage commercial sur les importations américaines. Cette attitude engage l'Europe dans ce qui pourrait devenir une "drôle de guerre", en référence à la période entre septembre 1939 et mai 1940, où le manque d'initiatives de la France et du Royaume-Uni a permis le renforcement de l'Allemagne nazie.
Le risque est suicidaire : une mobilisation sans action concrète, des menaces restées sans effets, et finalement, la possibilité d'une débâcle. L'Europe se trouve à un carrefour critique, où ses postures de fermeté doivent se traduire par des actions décisives pour éviter de répéter les erreurs du passé.