Départ anticipé de Villeroy de Galhau : une manœuvre pour bloquer le RN à la Banque de France
Départ Villeroy de Galhau : stratégie anti-RN à la Banque France

Un départ surprise aux motivations politiques

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé son départ anticipé pour juin prochain, mettant fin à plus de dix ans à la tête de l'institution. Officiellement, il prendra la direction de la Fondation des apprentis d'Auteuil. Mais selon des informations internes, cette décision cache une manœuvre politique de grande ampleur.

Une course contre la montre électorale

L'objectif principal serait d'organiser la succession avant l'élection présidentielle de 2027. En quittant son poste maintenant, Villeroy de Galhau permet la nomination d'un nouveau gouverneur dont le mandat s'étendra jusqu'en 2032. Cette stratégie vise explicitement à empêcher le Rassemblement national, dont Marine Le Pen ou Jordan Bardella pourraient accéder à l'Élysée en 2027, de prendre le contrôle de la banque centrale française.

Cette décision relance également les spéculations concernant Christine Lagarde, dont le mandat à la présidence de la Banque centrale européenne court jusqu'en octobre 2027. Son départ pourrait lui aussi être anticipé pour des raisons similaires, évitant qu'un futur gouvernement d'extrême droite n'influence la nomination de son successeur.

Les prétendants à la succession

La Banque de France dispose désormais de quatre mois pour assurer la transition. Plusieurs noms circulent avec insistance parmi les successeurs potentiels :

  • Emmanuel Moulin, ancien directeur du Trésor et actuel secrétaire général de l'Élysée, apparaît comme le favori.
  • Benoît Coeuré, ancien membre du directoire de la BCE et président de l'Autorité de la concurrence, avait déjà été candidat face à Villeroy de Galhau.
  • Bertrand Dumont, actuel président du Trésor, est également évoqué parmi les possibles remplaçants.

Un héritage marqué par les crises

Polytechnicien et énarque âgé de 66 ans, François Villeroy de Galhau a piloté la Banque de France durant une décennie particulièrement agitée. Son mandat a été marqué par l'élection de Donald Trump, la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Tout en prônant la maîtrise des dépenses publiques, il a mené une vaste réorganisation de l'institution, réduisant ses effectifs de près de 30% et lançant le chantier d'une nouvelle imprimerie pour les billets de banque.

Le gouverneur a déclaré : "J'ai informé de ma décision il y a quelques jours le Président de la République et les autorités gouvernementales, tout comme la Présidente de la BCE. Le délai d'ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession, selon les règles prévues par la loi de la République." Reconduit en 2021 pour six ans, cet ancien banquier de BNP Paribas quitte ainsi la scène monétaire française dans un contexte politique tendu.