Donald Trump accuse la France de bloquer le survol militaire vers Israël : l'Élysée dément
Trump accuse la France de bloquer le survol militaire : démenti

Donald Trump accuse la France de bloquer le survol militaire vers Israël : l'Élysée dément

L'espace aérien français est devenu le nouveau théâtre des opérations de désinformation menées par Donald Trump. Mardi, l'ancien président américain a publiquement reproché à la France d'avoir « interdit le survol de son territoire aux avions chargés de matériel militaire à destination d'Israël ». Il s'est même agacé que le pays se soit montré « très peu coopératif face au 'boucher de l'Iran' », en référence au Guide suprême, promettant de s'en « souvenir ».

Un démenti rapide de l'Élysée

Pourtant, l'Élysée a rapidement démenti cette affirmation. En réalité, la France « n'a pas changé de position », a noté la présidence, s'étonnant de cette nouvelle attaque sous forme de fake news, venue tout droit des États-Unis. La décision d'interdire son espace aérien à un allié est éminemment politique et se prend au plus haut niveau de l'État.

Une autorisation vol par vol

En France, ces refus s'appliquent aujourd'hui au cas par cas. Chaque vol est analysé et doit obtenir une autorisation avant de traverser l'espace aérien français, ce que l'on appelle une « diplomatic overflight clearance ». Des avions de transport logistique américain ont régulièrement l'autorisation de se poser dans les bases d'Istres (dans les Bouches-du-Rhône) et d'Avord (dans le Cher) depuis le début de la guerre en Iran. Ce ne sont pas des avions de combat, mais des appareils de soutien.

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Interrogé en juillet 2025 au sujet du survol potentiel de l'espace aérien de la France par des bombardiers furtifs B2 américains, ensuite utilisés pour frapper des installations nucléaires iraniennes, le ministère des Armées avait rappelé que les avions militaires des États-Unis disposaient de plusieurs autorisations diplomatiques annuelles. « Le jour du raid, des avions ravitailleurs américains ont été autorisés à survoler l'espace aérien français, selon un plan de vol connu et déclaré [mais] les bombardiers B-2 qui ont effectué les frappes dans le cadre de l'opération Midnight Hammer n'ont pas survolé l'espace aérien français. »

La position de l'Espagne et de l'Italie

Seule l'Espagne a exclu tous les avions américains de son espace aérien depuis le 30 mars. La ministre de la Défense espagnole, Margarita Robles, avait déclaré : « L'Espagne n'autorisera en aucun cas, n'a jamais autorisé et n'autorisera jamais l'utilisation des bases de Rota et de Morón pour mener une guerre à laquelle nous sommes totalement opposés, à laquelle nous ne croyons pas et que nous considérons comme profondément illégale et profondément injuste. »

Tout comme la France, l'Italie n'a pas fermé l'ensemble de son espace aérien aux aéronefs américains malgré la guerre et son illégalité au regard du droit international. Elle a toutefois refusé l'atterrissage de certains avions américains sur la base de Sigonella en Sicile, les appareils n'ayant pas transmis leur plan de vol à l'avance.

La France, « pas partie » au conflit

Au-delà du mensonge, ou de la déformation de la réalité, se niche toutefois une vérité : les pays européens ne sont pas partie prenante de la guerre que mènent les États-Unis et Israël en Iran. C'est d'ailleurs ce qu'a répété Emmanuel Macron mercredi, depuis Tokyo. « C'est tout à fait vrai que la France, qui n'a pas été consultée et qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n'y prend pas part. Mais il n'y a rien de nouveau, c'est vrai depuis le premier jour, donc il ne faut pas s'en étonner. »

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Si Donald Trump reproche aux alliés de l'Otan de ne pas le soutenir comme il l'espérait sur le front iranien, Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), rappelle que « l'Iran ne fait pas partie de la zone couverte par l'Alliance atlantique, ça ne relève donc pas de la compétence de l'Otan ». De plus, l'appartenance à l'Alliance atlantique ne donne pas automatiquement un droit de survol illimité. Chaque État reste souverain sur son espace aérien et peut attribuer au cas par cas, voire interdire son espace aérien s'il le souhaite. Rien de nouveau donc sous les ailes des avions français, n'en déplaise à Donald Trump.