Un salon itinérant pour accélérer la transition énergétique des mobilités professionnelles
Ce vendredi 5 juin 2026, la commune de Villeneuve-Loubet, près de Nice, a accueilli la première étape de la tournée Caravane Mobili'Pro 2026, une initiative du Groupe Ippolito. Cet événement a réuni transporteurs, collectivités, énergéticiens, constructeurs et organisations professionnelles autour d'un enjeu majeur : la décarbonation des mobilités professionnelles. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la hausse des coûts de l'énergie et l'incertitude réglementaire, les participants ont pu échanger sur les innovations technologiques, le déploiement des infrastructures de recharge et la pertinence du mix énergétique.
Vincent Galiana, porte-parole du Groupe Ippolito, a rappelé l'objectif de l'événement : « Il est toujours aussi important d'accompagner les entreprises, les artisans et les collectivités dans la compréhension et l'anticipation des règles qui concernent la décarbonation des mobilités professionnelles. »
Une transition engagée mais un besoin de visibilité
Les entreprises présentes ont déjà entamé leur transition énergétique, mais elles manquent de visibilité pour investir sereinement. Laurent Lachkar, président de Mobilians Alpes-Maritimes, a souligné cette difficulté : « Comment voulez-vous faire des investissements si on n'a pas de visibilité ? » Même constat chez les transporteurs, comme l'a exprimé Vincent Parinaud, secrétaire général de la FNTR Alpes-Maritimes et Var : « L'Europe envoie une injonction morale avec des échéances, puis elle se heurte à la réalité opérationnelle. »
Pour Franck Cannata, président de l'Union pour l'entreprise des Alpes-Maritimes et dirigeant du Groupe Transcan, l'inquiétude dépasse la seule question énergétique. Il a insisté sur l'importance du collectif : « Le collectif est l'une des clés de notre succès. Échanger et partager ce que l'on fait aujourd'hui entre pairs me semble indispensable pour être plus résistant face aux crises. »
Des solutions qui progressent rapidement
Malgré ces incertitudes, les intervenants se sont montrés confiants quant aux avancées technologiques. Eric Darsel, manager énergies alternatives chez Renault Trucks, a expliqué : « Nous ne vendons plus simplement des produits, nous vendons des solutions. » Le constructeur annonce l'arrivée dès le prochain trimestre de nouvelles générations de poids lourds électriques capables d'atteindre entre 500 et 600 kilomètres d'autonomie, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les transporteurs.
Nicolas Ryckaert, directeur opérationnel Alpes-Maritimes d'Ippolito Mobilités, a réagi à cette annonce : « On est vraiment à la croisée des chemins. On est dans la situation idéale technologiquement, financièrement, politiquement et réglementairement pour faire l'acquisition de véhicules électriques aujourd'hui. »
Le mix énergétique comme fil conducteur
Cependant, il ne faut pas tout miser sur l'électrique. Cette idée a été largement partagée au cours de la matinée. Julien Jamet, directeur de la gestion des déchets et de l'énergie à la Communauté d'Agglomération du Pays de Grasse, a déclaré : « Il faut plus que jamais avancer sur un mix énergétique adapté aux usages et à la topographie des territoires. » Cette approche permet de concilier contraintes économiques, réalités opérationnelles et objectifs environnementaux.
Pierre Millo, vice-président de l'OTRE PACA et dirigeant d'entreprise, a partagé cette vision : « Il faut discuter, partager et travailler collectivement », a-t-il insisté.
Des infrastructures qui se structurent
La question des infrastructures de recharge a également occupé une place centrale dans les échanges. Xavier Montuelle, directeur territorial Alpes-Maritimes d'Enedis, s'est voulu rassurant : le réseau électrique est prêt à accompagner le développement des mobilités lourdes. Selon lui, l'enjeu réside désormais dans l'anticipation et le dialogue entre les différents acteurs afin d'adapter les investissements aux futurs besoins.
Du côté d'Oreve, son directeur du développement, Lionel Biet, a détaillé le déploiement en cours du réseau de recharge poids lourds. L'entreprise exploite aujourd'hui 11 stations et prévoit d'en ouvrir 25 d'ici fin 2026 avant d'atteindre 160 stations à l'horizon 2030. L'objectif est de développer massivement la recharge rapide pour accompagner la montée en puissance des flottes électriques.
Le collectif comme réponse
Si les solutions technologiques progressent rapidement, l'ensemble des intervenants s'accorde sur un point : la réussite de la transition dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à travailler ensemble. Sandrine Henry, déléguée générale de l'AVEM, a rappelé : « Le temps du législateur n'est pas celui de l'industriel ou de l'acteur économique. On ne peut pas dire à un industriel aujourd'hui d'aller sur une énergie puis de changer du jour au lendemain. »
Valéry Muyard, directeur général de la branche Mobilités du Groupe Ippolito, a résumé cette conviction : « Il faut être positif. Le maître mot, c'est le collectif. »
La Caravane Mobili'Pro poursuit sa tournée en région Provence-Alpes-Côte d'Azur avec trois nouvelles étapes dans le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.



