Politique, paillotes, moustiques : le maire de La Grande-Motte, réélu à la tête de LR dans l’Hérault, dénonce le décret sur les espaces naturels remarquables
Après deux ans de vacance du poste, Stephan Rossignol a été réélu président des Républicains dans l’Hérault. Il explique sa feuille de route en vue de la présidentielle et des prochaines échéances électorales, et revient sur le revers judiciaire concernant l’implantation des paillotes sur le sable grand-mottois.
Votre réaction et votre feuille de route ?
J’avais démissionné au moment de l’affaire Ciotti et j’ai recandidaté à la demande de Bruno Retailleau. J’ai obtenu sans surprise la confiance des adhérents. Notre président est venu à la rencontre des nouveaux cadres du département. La feuille de route est simple : l’échéance présidentielle, la mère des batailles politiques, a lieu dans 9 à 10 mois. Si Bruno Retailleau est élu, il dissoudra immédiatement l’Assemblée nationale. Son premier objectif est de modifier la constitution pour permettre des référendums sur des sujets bloqués comme la justice ou l’immigration. Cela induit un calendrier électoral très chargé d’avril à juin 2027.
Comment abordez-vous la campagne pour la présidentielle dans l’Hérault ?
Il faut préparer dès maintenant les candidatures dans les neuf circonscriptions du département. Aujourd’hui, la droite républicaine et le bloc central n’y sont plus représentés. Trouver des candidats n’est pas simple. L’objectif est d’avoir, en cas de victoire, des députés capables de soutenir le futur président. Beaucoup de jeunes ont été choisis lors de nos élections internes, et nous devons aussi préparer des candidatures communes avec nos partenaires d’Horizons.
LR : une alternative au bloc central
Nous voulons incarner une alternative au bloc central au pouvoir depuis dix ans. Macron a eu comme Premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal, et nous n’avons pas cautionné leur politique. Il ne s’agit pas d’être en guerre, mais de montrer qu’un candidat républicain représente une autre voie. Bruno Retailleau a fait une très bonne impression au Cercle Mozart : les invités ont découvert une personnalité souvent éloignée des clichés.
Allez-vous présenter des candidats aux sénatoriales ?
L’objectif est de trouver un candidat LR avant début juillet pour les élections du 27 septembre. S’il n’y en a pas, il faudra soutenir un autre candidat, mais la priorité reste d’avoir notre propre représentant dans l’Hérault. Jean-Pierre Grand est soutenu par Horizons, et Patricia Mirallès (Renaissance) figure sur sa liste. La décision sera prise au plus tard début juillet, après la commission nationale d’investiture.
Le tribunal administratif a infligé un nouveau revers à La Grande-Motte concernant l’installation des paillotes au Grand Travers. Pourquoi persistez-vous ?
Parce que je conteste le décret de 2019 que je juge aberrant. Il empêche un maire de délivrer des permis précaires pour des structures éphémères dans les espaces naturels remarquables, alors qu’elles existaient depuis 27 ans au Grand Travers sans qu’aucune atteinte à l’environnement ne soit démontrée. Le Grand Travers est fréquenté par des dizaines de milliers de personnes, avec les problèmes que cela pose, notamment l’absence de toilettes. Ces établissements de plage en avaient, ainsi que des douches, et ils rendaient un service aux usagers. Aujourd’hui, deux associations se livrent à un acharnement, avec des moyens financés par l’argent public, en attaquant mes permis de construire. Une étude "quatre saisons" réalisée à la demande de l’État a montré qu’à partir de la discothèque la Dune, on entrait dans la zone urbaine. J’ai donc délivré un permis à L’Effet Mer. Le tribunal a annulé le permis 2025 et estimé qu’il fallait décaler la concession de 40 mètres. L’année prochaine, elle devra se rapprocher de La Voile bleue, elle-même déplacée à cause du projet Ville-Port. Au final, j’aurai deux plages quasiment collées. C’est une aberration parisienne déconnectée des réalités.
Avez-vous avancé avec Michaël Delafosse sur le sujet du tram vers l’aéroport ?
Nous nous sommes vus au Serm (Service express régional métropolitain) avec le préfet de région. Nous avons évoqué l’accès à l’aéroport et aux plages, mais sans définir les moyens. Nous devons nous revoir en tête-à-tête début juillet. Il faudra aussi associer le nouveau maire de Mauguio, qui est directement concerné. Amener le tram jusqu’à la mer pour les Montpelliérains est une utopie. Ce n’est plus finançable face à l’explosion des coûts des marchés publics. Il faudrait aussi trouver des terrains dans des espaces protégés. De plus, le nouveau maire de Mauguio-Carnon a confirmé que ce n’était pas une volonté politique. Il existe d’autres moyens : nos navettes vers la plage fonctionnent très bien. Nous chercherons des solutions pour faciliter l’accès à la mer, mais pas par le tram.
La station a été envahie de moustiques au printemps. Où en est-on ?
On a stigmatisé La Grande-Motte alors que le phénomène était général. L’EID (Entente interdépartementale pour la démoustication) a expliqué cela par un épisode exceptionnel de pluie et de vent, favorisant l’éclosion des larves. De plus, la proximité de la Camargue bloque les interventions dans les zones protégées. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée grâce à un traitement terrestre matinal non nocif et des campagnes de prévention contre les eaux stagnantes. Les moustiques sont beaucoup moins nombreux depuis quelques jours. Nous allons également tester un dispositif de pièges. Cela aura un coût pour la ville. L’EID est un peu sceptique, mais dit qu’il faut tout tenter. Leurs moyens sont limités et leurs produits ne sont plus aussi efficaces qu’avant.



