Services publics en déclin : un terreau fertile pour l'extrême droite
Déclin des services publics favorise l'extrême droite

La dégradation des services publics du quotidien, de l'éclairage public à la fermeture des bars, nourrit le vote d'extrême droite, selon une étude récente du Centre d'études et de recherches sur la vie locale (CERVL).

Un lien établi entre déclin des services et vote RN

L'étude, menée dans plusieurs communes françaises, montre que la disparition progressive des services de proximité – bureaux de poste, commerces, transports – crée un sentiment d'abandon qui favorise les discours populistes. Les chercheurs ont analysé les données électorales de 2012 à 2024 et les ont corrélées avec la présence de services publics.

Résultat : dans les zones où l'accès aux services s'est réduit, le vote pour le Rassemblement national a augmenté en moyenne de 8 points. « Le sentiment de relégation est un moteur puissant », explique Marie Dupont, sociologue au CERVL.

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Des exemples concrets

Parmi les services étudiés : l'éclairage public, dont l'extinction nocturne est perçue comme un signe de déclin. La fermeture des bars et des commerces de proximité accentue l'isolement. Le ramassage des poubelles moins fréquent alimente un sentiment de dégradation du cadre de vie.

« Quand on voit que la rue n'est plus éclairée, que le bar du coin a fermé, on a l'impression que l'État nous a oubliés », témoigne Jean, habitant d'une commune rurale de l'Aisne.

Un phénomène amplifié par les inégalités territoriales

L'étude souligne que ce phénomène est plus marqué dans les territoires ruraux et périurbains, où les services publics sont déjà moins présents. Les habitants se sentent doublement pénalisés : par l'éloignement géographique et par la disparition des derniers services.

« La fermeture d'une école ou d'une poste est vécue comme une trahison », ajoute Marie Dupont. Les maires, souvent impuissants face aux décisions de l'État, deviennent des boucs émissaires.

Quelles solutions ?

Pour endiguer cette tendance, les chercheurs préconisent un réinvestissement massif dans les services de proximité, mais aussi une meilleure écoute des besoins locaux. « Il ne suffit pas de maintenir des services, il faut qu'ils soient adaptés », insiste l'étude.

Certaines collectivités expérimentent des solutions : bus de services itinérants, horaires élargis, ou encore création de tiers-lieux. Mais ces initiatives restent trop rares.

L'étude conclut que la question des services du quotidien est devenue un enjeu politique majeur, au même titre que le pouvoir d'achat ou l'immigration. Ignorer ce malaise, c'est laisser le champ libre aux discours extrémistes.

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