Les prix vont-ils flamber avec le rachat de SFR ? Les opérateurs veulent calmer le jeu. Orange, Bouygues Telecom et Iliad (Free), qui ont conclu un accord de rachat à 20,35 milliards d'euros, assurent que les abonnés n'ont rien à craindre côté tarifs.
Des promesses de stabilité des prix
Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, a insisté : « Cette transaction et la valeur créée par cette transaction ne viennent absolument pas d'hypothèses de prix qui augmenteraient. » Une réponse directe aux inquiétudes liées au passage de quatre à trois opérateurs en France.
Pour Orange, la ligne est claire : pas d'augmentation à prévoir. L'opérateur assure qu'il devra au contraire maintenir, voire améliorer la qualité de service pour garder ses clients, notamment lors de la migration des abonnés SFR vers son réseau.
Même discours chez Free. Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad, affirme : « On va avoir d'autant plus de moyens, d'autant plus de moyens financiers pour investir, afin de se différencier. […] Moi, j'ai la conviction que cette opération va renforcer la concurrence. »
Une concurrence toujours intense ?
Les groupes veulent rester offensifs. Christel Heydemann assure : « On est évidemment déterminés à gagner, à rester leader en France, et donc la concurrence entre les trois opérateurs restera […] aussi intense qu'elle l'a été par le passé. » Le message est simple : moins d'acteurs ne veut pas dire moins de compétition. Au contraire, les opérateurs promettent plus d'investissements et d'innovation pour se démarquer, notamment sur les services et le réseau.
Des doutes persistants malgré tout
Reste que les interrogations ne disparaissent pas. Le passage à trois opérateurs suscite depuis des mois des craintes sur une possible hausse des prix, un scénario déjà observé ailleurs en Europe selon certains analystes. Le feu vert des autorités de la concurrence sera d'ailleurs déterminant. Elles devront notamment vérifier que cette opération historique ne réduit pas la pression sur les tarifs pour les consommateurs.
En se basant sur les consolidations qui ont eu lieu en Irlande, Allemagne et Royaume-Uni, Stéphane Dubreuil, expert en télécommunications, estime que « l'hypothèse la plus commune est une remontée des prix assez douce sur deux ans de 5% à 7% ».
Sylvain Chevallier, analyste télécoms et associé du cabinet de conseil BearingPoint, souligne de son côté : « Il y aura probablement des promotions un peu moins intenses qu'aujourd'hui » mais pas forcément « une hausse drastique des prix ».



