Un contrat juteux pour le banquier français
Matthieu Pigasse, le financier français connu pour être le propriétaire de Radio Nova et du groupe Combat, a décroché un contrat en or pour restructurer la dette du Venezuela. Selon le Wall Street Journal, c'est son activité de banquier conseil qui lui a valu cette mission, plutôt que ses positions politiques ou son rôle dans les médias. Il a été choisi, avec deux autres partenaires, pour convaincre les créanciers américains, russes et chinois d'effacer une partie des 170 milliards de dollars de dette du pays.
Une mission complexe et controversée
Le contrat, bien que juteux, n'est pas sans susciter des critiques. Un concurrent anonyme a déploré l'absence d'appel d'offres et le rôle prépondérant des États-Unis dans la sélection de la banque conseil. Le Fonds monétaire international (FMI) n'est même pas impliqué dans le processus. Matthieu Pigasse a lui-même répondu aux critiques de Marine Le Pen sur X, affirmant que son objectif est d'effacer une partie de la dette publique, de lutter contre les spéculateurs et les fonds vautours, pour redonner de l'air au peuple vénézuélien.
Les relations de Pigasse avec les États-Unis
Le banquier a-t-il profité d'un soutien américain ? Depuis la chute de Nicolás Maduro, les États-Unis exercent une influence considérable au Venezuela. Pigasse, qui a déjà conseillé Hugo Chávez et Nicolás Maduro, connaît la présidente par intérim Delcy Rodríguez depuis plus de quinze ans. Selon le Wall Street Journal, il aurait bénéficié du soutien appuyé de Mauricio Claver-Carone, l'éminence grise de Donald Trump au Venezuela. Le 12 février, Pigasse a même voyagé dans le même avion que Jessica Bedoya, la compagne de Claver-Carone, ce qu'il confirme tout en niant toute interférence.
Une invitation à la Maison Blanche
Matthieu Pigasse n'est pas un inconnu aux États-Unis. Fin janvier, il a assisté à la Maison Blanche à la projection privée du documentaire « Melania, the Film », où il a été aperçu aux côtés de Donald Trump, Mike Tyson, la reine Rania de Jordanie et Tim Cook. Ce lien avec l'entourage trumpiste surprend pour celui qui mène, via ses médias, un combat contre la droite radicale. Le banquier assure ne devoir ce contrat qu'à son expertise, ayant dirigé avec plus ou moins de succès les restructurations de dettes de l'Argentine, de la Grèce, de l'Ukraine, de l'Équateur et de la Côte d'Ivoire.



