Comment les entreprises cotées en Nouvelle-Aquitaine boostent les PME locales
Entreprises cotées en Nouvelle-Aquitaine : un levier pour les PME

Legrand, Gascogne, Fountaine Pajot, Exosens… les entreprises cotées jouent un rôle de locomotive industrielle et financière. Pour les PME et TPE locales, ces « géants » peuvent devenir des leviers concrets. Encore faut-il savoir capter cette traction.

Un impact modéré mais réel

D'emblée, Axel Champeil modère le débat. « Le poids effectif des entreprises cotées en Nouvelle-Aquitaine reste modéré », estime l'expert à la tête de la société de Bourse Champeil SA. « Elles sont peu nombreuses donc leur impact demeure modeste », précise-t-il. En effet, les sociétés néo-aquitaines présentes sur les marchés boursiers ne sont qu'une trentaine sur les 400 000 entreprises présentes sur la grande région. Néanmoins, elles peuvent jouer un vrai rôle de locomotive dans leurs écosystèmes. En matière d'emploi mais aussi de retombées vers les PME et TPE.

Les premiers effets bénéfiques : commerciaux

Les premiers effets bénéfiques, pour le tissu économique local, sont commerciaux. Les grands groupes cotés structurent des filières. Ils externalisent des pans entiers de production, confient des prestations de R&D, d'assemblage ou de maintenance à des fournisseurs locaux. Pour une PME, décrocher un contrat comme sous-traitant d'un groupe coté signifie bien souvent un gain de volume et de visibilité ainsi qu'une meilleure prévisibilité de la trésorerie.

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Avec près de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et 1 400 employés, le groupe Gascogne, dont le siège est à Mimizan (Landes), illustre parfaitement ce rôle de locomotive. Le spécialiste de la transformation du pin maritime irrigue une filière entière : approvisionnement forestier, sciage, papier, emballage et sous-traitance locale. Et quand son activité ralentit, comme en 2024, l'effet se diffuse sur les fournisseurs régionaux.

Cotée sur le même marché Euronext Growth, mais avec une autre dimension, l'entreprise i2S joue le même rôle à son échelle. « Nos composants sont sous-traités, nous ne faisons que l'assemblage », explique Xavier Datin, PDG de cette entreprise girondine spécialisée dans l'imagerie. « Nous employons 85 salariés, mais ce chiffre double avec ceux qui font nos cartes électroniques, nos pièces mécaniques et l'ensemble de nos prestataires ». Des retombées qui sont le plus souvent générées en proximité. « Nous avons déployé un programme de localisation massif de façon concentrique. Ainsi 50 % de nos achats se font en Nouvelle-Aquitaine, 75 % en France et 98 % en Europe ».

Une pression positive d'innovation locale

La présence de champions cotés crée également une pression positive d'innovation locale. Projets collaboratifs, partenariats technologiques, cofinancements… Les PME/TPE peuvent tirer parti de cet environnement en ciblant des niches complémentaires (composants, matériaux, logiciels embarqués), qui sollicitent des appels à projets régionaux ou européens, ou en intégrant les pôles de compétitivité pour accéder à des consortiums.

La contrepartie indispensable

Néanmoins, il existe un préalable avant de pouvoir prétendre à de telles collaborations. Les exigences (qualité, conformité, assurabilité…) des entreprises cotées sont élevées. Pour y répondre, les TPE/PME doivent se structurer en particulier sur ces trois volets : la gouvernance, la qualité et les certifications (ISO, normes sectorielles…), et les finances (fonds de roulement, lignes de crédit ou assurance crédit). Pour accélérer cette mise à niveau, la Région et les chambres consulaires disposent d'un arsenal de parcours d'accompagnement et d'aides mobilisables. La clé de la réussite pour le chef d'entreprise réside dans un équilibre nécessaire consistant à combiner offre commerciale auprès des grands groupes et financements publics pour réduire le risque d'investissement.

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