Le député LR Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, a exprimé ses inquiétudes concernant le financement des nouvelles aides sur le carburant annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Selon lui, ces mesures, qui représentent un coût supplémentaire de près de 710 millions d'euros, sont financées par de la dette supplémentaire, ce qui aggrave une situation budgétaire déjà fragile.
Un contexte économique préoccupant
Juvin souligne que la France fait face à des taux d'intérêt élevés, un prix du baril de Brent bien supérieur aux prévisions initiales (65 dollars), une inflation au double de l'hypothèse de départ et une croissance en baisse. Chaque hausse de 10 dollars du baril de pétrole sur un an coûte 0,1 % de croissance, rappelle-t-il.
Des économies insuffisantes
Le gouvernement avait annoncé 6 milliards d'euros d'annulations de crédits, mais Juvin estime qu'il faudrait entre 8 et 10 milliards d'euros d'économies. Il propose notamment de ne pas indexer les allégements de charges sur les bas salaires sur l'inflation, ce qui permettrait de dégager 1,5 milliard d'euros.
Pas de hausse de fiscalité
Juvin écarte l'idée d'une hausse de la fiscalité, qui fragiliserait la compétitivité française. Il préconise plutôt d'utiliser le levier de la dépense publique, en annulant ou reportant jusqu'à 1,5 % des crédits votés sans loi de finances rectificative.
Interrogé sur le discours de vérité à tenir aux Français, Juvin rappelle que 60 % des Français bénéficient d'une forme de redistribution, mais que le pays est « intoxiqué à la dette et à la dépense publique ». Il appelle à un changement d'échelle dans les économies pour éviter une dégradation des comptes publics en 2026.



