Du 21 novembre au 6 décembre 2026, le Festival de Danse Cannes – Côte d'Azur déploie sa 26e édition comme une réponse sensible aux secousses du monde. Vingt-cinq compagnies, onze pays, des grandes signatures et des créations : pendant deux semaines, la Côte d'Azur devient une scène en mouvement, entre fête et résistance.
Une ouverture comme une déflagration
Tout commence le 21 novembre au Palais des Festivals avec Manifesto, de l'Australienne Stephanie Lake. Neuf danseurs, neuf batteurs, une pièce qui frappe fort, au sens propre. Le lendemain, 22 novembre, la scène australienne continue d'imprimer sa marque avec Wayfinder de Dancenorth Australia, plongée sensorielle nourrie de groove et d'images hypnotiques. Dans la foulée, Pierre Rigal invite à entrer dans la ronde avec R·onde·s (22 novembre), rituel collectif où la frontière entre scène et salle se dissout peu à peu.
Une mappemonde chorégraphique
Dès les premiers jours, le festival déploie sa cartographie. Le 25 novembre, le Portugais Marco Da Silva Ferreira électrise le Palais avec Carcaça, pièce explosive à la croisée des danses urbaines et traditionnelles. Le 27 novembre, le Grec Christos Papadopoulos impose une précision presque organique avec My Fierce Ignorant Step, où le souffle devient moteur du mouvement. Le 1er décembre à Anthéa, l'Argentin Daniel Proietto rend hommage à Nina Simone avec un plateau très international (pianiste roumaine, danseuse norvégienne aux côtés de la Française Marion Barbeau). Le 5 décembre, à Scène 55 à Mougins, le Basque Iker Karrera explore l'intime dans la première française de The Room Where It Happens. Le lendemain, la Modern Table Dance Company coréenne mêle dans Medita mouvements expansifs et musique apaisante.
Quand la musique classique traverse les corps
Ici, la danse écoute autant qu'elle s'exprime. Le 28 novembre, le Malandain Ballet Biarritz, qui avait donné ses Saisons en première mondiale au Festival de danse de Cannes 2023, célèbre Ravel, Poulenc et Saint-Saëns dans un programme élégant et habité, Midi-Minuit. Le même jour, un documentaire autour du travail et de la carrière de Thierry Malandain sera diffusé aux Arcades. Le 3 décembre, au Forum de Fréjus, le Ballet de l'Opéra de Lyon s'empare du Sacre du printemps de Mats Ek, sur la musique de Stravinsky et de House de Sharon Eyal. Point d'orgue le 5 décembre : Emanuel Gat dévoile Cinq jours au soleil, création portée par la 5e symphonie de Mahler. Une traversée émotionnelle ample, de l'ombre à la lumière, du désespoir à la joie. Pour clôturer, le 6 décembre, le London City Ballet fait dialoguer Schubert et Stravinsky dans une soirée où la tradition classique respire.
Des corps engagés
La danse, au Festival, sait aussi se faire plus engagée. Le 4 décembre à Grasse, Silvia Gribaudi bouscule les normes de beauté avec Suspended Chorus, solo mêlant humour et vulnérabilité. À Nice, les 3 et 4 décembre, Jann Gallois déploie Imminentes, un sextuor féminin où la douceur devient force collective. Le 29 novembre à Draguignan, Thibaut Eiferman explore l'équilibre instable du monde avec Terre 1. Leïla Ka présente sa nouvelle création (26 novembre à Grasse puis 29 novembre à Draguignan), ode puissante aux corps féminins. Entre-temps, Anne Nguyen fait dialoguer les cultures avec Matière(s) première(s) (24 novembre à Carros). Autant de pièces où le geste devient prise de parole.
Giga barre et danse pour tous
La danse se partage. Le 28 novembre, Amala Dianor propose Coquilles, duo malicieux à voir en famille. Le 5 décembre, à La Licorne à La Bocca, Massimo Fusco invite les plus jeunes dès 6 ans à une expérience sensorielle avec Corps Sonores Juniors. Et tout au long du festival, chaque dimanche (22, 29 novembre et 6 décembre), une « Giga barre » transforme La Roseraie, à deux pas de la Croisette, en studio à ciel ouvert pour un échauffement collectif. Les danseurs amateurs de tous niveaux sont guidés, en accès libre et gratuit, par des chorégraphes invités au Festival. Des performances de Théo Touvet à la roue Cyr surgissent dans les halls comme des éclats poétiques avant certains spectacles.
Du 21 novembre au 6 décembre. Sauf mention, les spectacles se déroulent à Cannes. Tarifs : 12 à 60 euros, abonnements disponibles. Renseignements : festivaldedanse-cannes.com ou 04.92.98.62.77.



